« Traduire un silence », Iris

Critique de le 8 décembre 2010

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Littérature Roman

« Pour toutes celles qui n’ont rien fait pour plaire. / Pour toutes celles qui ont tout fait pour déplaire. / Pour tous ceux qui se bercent sur les cordes des violons. / Pour tous ceux qui se cherchent sous la lueur des étoiles. / Pour tous ceux qui s’identifient à une épave blasée comme moi, comme vous, j’ai espéré… J’ai espéré tout simplement parce que vous êtes une femme et je suis un homme, de cette distinction on se rejette des responsabilités pour permettre aux rêves de faire le reste. » (P. 10)

Auteur convaincu et texte convainquant un sujet sur lequel l’encre n’a cessé de couler. Le paradoxe s’affiche dans ces personnages libérés la nuit et perplexes le jour quand face à la réalité, ils se demandent de quelle nature est cette force les poussant, sans relâche, à venir se justifier devant un échec sentimental auquel se livre une âme candide.

Le verbe erre, les personnages suivent et se suivent en amoureux d’eux-mêmes, Iris dans Traduire un silence relate ce cheminement intemporel et sans fin d’une quête de soi alliant amour et goût de vivre, quiétude et inquiétude, espoir et désespoir… Kahina et Yuba, les deux personnages principaux, sèment un doute dans leur existence et oublient de mener à terme leurs objectifs et de se demander « intérieurement » les raisons d’une telle débâcle controversée allant de pair avec une désunion consommée. Seule Tiziri aux mœurs libérées en tirait profit de cette mésentente avec son entourage car elle répondait positivement, et par un consentement inconscient, à tout ce que l’œil enregistrait. Amèrement le présent s’introduisait et délicieusement sa personne encaissait.

Comme sur deux rails d’une voie ferrée, et pour éviter un quelconque croisement, chacun de son côté s’engage à échapper à tout frôlement jusqu’ici inviolable, et ce, dans l’espoir de tomber sur le concret de cette destinée schématisant une imagination féerique en rapport avec les paysages pittoresques de la Kabylie et les rues désertes d’Alger, un sort bifurquant avec la réalité, cette fatalité des méandres quotidiens peints à fresque dans la vie aux horizons bouchés, ces parcours universitaires incongrus dans un pays synarchique et anarchique suçant le sang de ses propres enfants aux bouches cousues pourtant bien pleines de causeries sérieuses, ceux-là mêmes confrontés tant de fois à un déshonorant désaveu quand aspiration et désolation se heurtent et se bousculent dans des tâches communes et pour un but distinct.

Un roman écrit avec passion se lit d’une seule traite et passionnément !

Traduire un silence, par Iris. Préface d’Emma Poiret. Édit. Sefraber, fév. 2010. 284 p., 18,50 €.

« Traduire un silence », Iris

Un commentaire pour “« Traduire un silence », Iris”

  1. avatar bruno chauvierre dit :

    J’aime ce cheminement intemporel des ouvrages d’Iris.

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