« L’été des lucioles », de Gilles Paris

Critique de le 20 février 2014

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Roman

Après avoir lu « L’autobiographie d’une Courgette« , c’est avec les bras grands ouverts que j’ai réceptionné et accueilli ce nouveau roman de Gilles Paris. Pourquoi? Car je savais d’avance que j’allais découvrir une histoire riche en émotions, riche en mots, en ressentis, et surtout que j’allais découvrir une histoire qui fait tout simplement du bien. Est-ce que finalement j’ai pu avoir tout ceci? La réponse est oui, et en intégralité!

Gilles Paris – ceux qui le connaissent le savent déjà – a cette capacité surprenante de se mettre à la place – à la hauteur! – d’un enfant de 9 ans, et surtout il a cette magnifique aptitude à écrire, à s’exprimer comme un enfant de cet âge. Ceci implique la manière d’écrire, bien sûr, mais aussi la façon d’aborder les sujets, de les expliquer, à sa manière, tout en transmettant aux lecteurs les émotions qui s’extirpent des jeunes héros de ses romans. C’est frais, c’est vrai, inondé d’innocence et c’est tout simplement beau et poignant.

Le petit garçon qui nous raconte ici ses vacances à la mer, à Roquebrune-Cap-Martin, près de Nice, – qui en écrit un roman d’ailleurs! – s’appelle Victor Beauregard, il a 9 ans, il habite à Bourg-en-Bresse. Ses parents sont séparés et, depuis, ce petit garçon peut expliquer à qui veut bien l’entendre qu’il a deux mamans; et oui. Il vit donc avec sa mère, la copine de celle-ci et sa grande soeur Alicia, 14 ans, qui passe son temps à s’embellir et à courir après les garçons. Mais jamais le bon… dur! 🙂

Le petit Victor nous racontera tout, de ses premiers amours, en passant par ses petites escapades – grandes aventures! – sur le chemin des douaniers, jusqu’à de belles preuves d’amitié. Victor nous raconte tout, mais évidemment avec sa perception de petit garçon, avec sa propre sensibilité, sans juger – car à cet âge on ne juge pas! -, juste raconter, expliquer, en essayant de comprendre les choses qui gravitent autour de lui et qui le dépassent tout de même parfois.

Victor est curieux, il veut savoir, comprendre, tout connaître; le second degré par contre, les sous-entendus, les aberrations propre aux adultes – aux grands…? -, et bien pour lui cela n’a pas vraiment de sens. Alors il se contentera de l’expliquer avec sa propre approche, et franchement c’est exquis! L’innocence, encore une fois… Et puis le premier degré c’est déjà bien, c’est le degré de l’insouciance, de l’innocence, soit une approche vraie et franche de la vie! (Je la fais un peu à la Van Damme là, mais je me comprends!)

Mais les sentiments, par contre, c’est à tout âge qu’on les déchiffre, ou plutôt que notre âme et notre coeur déchiffrent sans mal. Dans cette histoire, l’absence d’un père sera un lourd poids à supporter, un poids qui va peser très fort sur le petit Victor et en dégager de la pure souffrance. Mais encore une fois, Gilles Paris va faire ressortir un sentiment étonnant et surprenant; la résilience. Victor ne va pas se plaindre et partir dans de longues lamentations, il va simplement trouver une explication à tout cela et ainsil’accepter. Mais je crois que c’est son explication qu’il accepte, finalement, et non la situation…

« Et je connais sa signature, un soleil à la place de « papa ». Même moi je dessine mieux le soleil. Comme dirait maman: « ça donne l’âge mental de ton père ». Je sais bien que c’est de l’humour. Mais quand même. Rosita m’a dit que dans toute plaisanterie, il y avait toujours un fond de vérité. Et moi, je crois qu’à l’intérieur, je suis plus grand que mon papa. »

Victor fera quelques rencontres, notamment avec des jumeaux qu’il croisera sur le chemin des douaniers. Deux petits garçons orphelins, extrêmement cultivés, remplis d’attention mais, il faut le dire, un peu étranges tout de même. En leur présence, ses petites escapades deviendront rapidement une richesse d’informations sur la région, son histoire; mais surtout sur les majestueuses villas qui surplombent la mer.

Pourquoi Gilles Paris a-t-il choisi cette région pour son roman, je n’en sais rien; par contre, ce que je sais à présent, c’est que c’est un endroit extrêmement intéressant! Je n’ai pas pu m’empêcher d’aller glaner quelques informations sur le net, tellement cet endroit m’enchante et m’intrigue. Et puis je voulais également vérifier deux ou trois choses…

Quelles richesses! Si vous passez un jour dans cette région, allez contempler les magnifiques villas qui s’y trouvent, vieilles bâtisses avec une âme forte, avec un regard  qui vous suit où que vous soyez dans les alentours, telles la villa Cypris, la villa Cyrnos ou encore la puissante villa Torre Clementina. En ce qui me concerne, je n’y manquerai pas!

Et pour couronner le tout, l’âme du Corbusier plane sur la région, que demander de plus! Bref…

Revenons vers le petit Victor. Sa plus belle rencontre restera certainement celle avec Justine, celle qui le fait chavirer au premier regard, l’envoûte, qui fait battre son coeur à la vitesse de la lumière. L’auteur reproduit brillamment un sentiment qui finalement reste assez cher dans le film de notre vie; nos premiers amours d’enfance et d’ados, ceux-là même qui nous ont fait tant souffrir, pleurer, mais également ceux qui nous ont donné des sensations de bien-être indescriptibles.

Et il y aura aussi la vieille Comtesse, Hedwige, qui fait partie des meubles, ici, à la résidence de vacances, qui sera en mesure de livrer quelques petits secrets à Victor, sur sa propre famille; poignant…

Mais n’oublions surtout pas les jumeaux, important les jumeaux… Ils auront probablement beaucoup de choses à révéler, des éléments qui permettront à Victor de faire de l’ordre dans sa tête, et peut-être même dans son coeur de petit garçon. D’ailleurs, Victor ne sera peut-être pas le seul concerné. Mais cela, ce n’est pas à moi de vous le raconter…

Bonne lecture, laissez-vous guider par le petit Victor, sur un chemin bien éclairé, ne vous inquiétez pas, par de nombreuses lucioles!

« L’été des lucioles », de Gilles Paris

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