Dominium mundi livre 2 (François Baranger)

12 avril 2015 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (4 votes, moyenne: 3,50 / 5)
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9791090648180L’expédition de l’Empire Chrétien Moderne a enfin atteint sa destination finale, la planète Akya du Centaure sur laquelle est censé se trouver le tombeau du Christ. Le débarquement des troupes est à peine effectué, l’immense camp militaire juste installé et la première ville presque sortie de terre et déjà les premiers incidents surviennent. Profitant du rassemblement provoqué par une bénédiction holographique du pape Urbain IX, Albéric de Villejust et un fort parti de soldats et techniciens inermes désertent avec armes et bagages pour aller s’installer dans des grottes cachées des confins de la planète. Tancrède de Tarente et la belle Clorinde filent le parfait amour. Mais les premiers combats contre les Atamides leur apportent de cruelles déconvenues. Les guerriers autochtones se révèlent mieux organisés et bien plus redoutables que prévu. Les Croisés se retrouvent dos au mur. De plus, ils découvrent vite qu’ils ne sont pas engagés dans une simple guerre de conquête ou de colonisation mais plutôt dans une guerre d’extermination. Que peuvent-ils espérer dans des circonstances pareilles ?

« Dominium Mundi » est le second volet d’une saga de science-fiction qui en comporte deux. Le premier retraçait uniquement le voyage vers Akya du Centaure, fonctionnait sous forme de huis clos et laissait espérer quelque chose de plus flamboyant pour la suite. L’auteur dit s’être inspiré du poème épique « La Jérusalem délivrée » de Le Tasse. En réalité, il ne fait que transposer dans l’espace et dans le futur sa propre vision de la première Croisade. Il va jusqu’à utiliser les noms, caractères et même actes d’un certain nombre de personnages historiques bien connus. Il ne s’agit pas vraiment d’une uchronie quoiqu’il y ait bien une époque imaginée et une absence de correspondance dans le temps ni d’une dystopie car il ne s’agit ni d’une contre utopie ni d’une anti utopie, mais plutôt d’une sorte de pamphlet anachronique, d’une déconstruction de l’histoire de la première croisade à la lumière des postulats philosophiques de la pensée actuelle. L’église du futur est une sorte de monstre totalitaire imposant son dogme et sa volonté de puissance sur une base totalement fallacieuse. A contrario, les indigènes atamides sont des êtres doux, respectueux, dotés pour certains de pouvoirs incroyables comme ceux de causer d’égal à égal avec le plus puissant des ordinateurs ou de pratiquer le voyage immédiat, c’est à dire franchir en une seconde les années-lumières. Dans ce genre littéraire basé sur l’imaginaire le plus débridé, le lecteur doit pouvoir accepter bien des choses, même le manichéisme le plus simpliste, mais en aucun cas l’ennui qui finit par le saisir au cours de la laborieuse lecture de cet énorme pavé (800 pages) finalement assez indigeste et pas si original que cela. Si on y ajoute une fin décevante, controuvée et fort invraisemblable, une grande quantité de coquilles voire de mots manquants (impression d’une insuffisance de relecture), on ne peut qu’en conclure que l’on est assez loin du chef d’oeuvre attendu et « impressionnant de maîtrise » comme l’indique la quatrième de couverture. Déception.

3/5

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