J’entends j’entends de Louis Aragon

16 avril 2008 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (152 votes, moyenne: 3,28 / 5)
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aragon.jpgPoème de Louis Aragon sublimé par l’ interprétation de Jean Ferrat…

J’en ai tant vu qui s’en allèrent
Ils ne demandaient que du feu
Ils se contentaient de si peu
Ils avaient si peu de colère

J’entends leurs pas j’entends leurs voix
Qui disent des choses banales
Comme on en lit sur le journal
Comme on en dit le soir chez soi

Ce qu’on fait de vous hommes femmes
O pierre tendre tôt usée
Et vos apparences brisées
Vous regarder m’arrache l’âme

Les choses vont comme elles vont
De temps en temps la terre tremble
Le malheur au malheur ressemble
Il est profond profond profond

Vous voudriez au ciel bleu croire
Je le connais ce sentiment
J’y crois aussi moi par moments
Comme l’alouette au miroir

J’y crois parfois je vous l’avoue
A n’en pas croire mes oreilles
Ah je suis bien votre pareil
Ah je suis bien pareil à vous

A vous comme les grains de sable
Comme le sang toujours versé
Comme les doigts toujours blessés
Ah je suis bien votre semblable

J’aurais tant voulu vous aider
Vous qui semblez autres moi-même
Mais les mots qu’au vent noir je sème
Qui sait si vous les entendez

Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir que ce que dit ma bouche

Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens

Quelle heure est-il quel temps fait-il
J’aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile

C’est un rêve modeste et fou
Il aurait mieux valu le taire
Vous me mettrez avec en terre
Comme une étoile au fond d’un trou

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13 commentaires pour “J’entends j’entends de Louis Aragon”

  1. avatar alberus dit :

    plus que d’accord avec vous, Jean Ferrat a fait de ce texte la plus belle chanson du monde!

  2. avatar LOUAN Jean-Marc dit :

    Monsieur FERRAT, avec sa voix sublime et ses musiques grandioses ont ainsi permis au grand public d’accéder à la beauté des textes d’Aragon. Tr certainement bien mieux que bon nombre de lecteurs privilégiés où de pseudos critiques littéraires qui nous invitent eux,à ne pas mettre le nez dans un livre…
    Jean FERRAT mériterait le panthéon. Nous sommes des millions en France à penser que son oeuvre est majeure. En cette période de crise et d’inculture radiotélévisuelle, de désert créatif, de niveau zéro dans la chanson française, la politique devrait récompenser hautement ce grand homme avant qu’il ne disparaisse à jamais de son Ardèche… N’oubliez jamais Mesdames et Messieurs les responsables, que c’est lui qui a chanté « Ma France » et « Nuit et Brouillard » entre autres… Quel ballon d’oxygène serait pour nous amdmirateurs, qu’il soit enfin reconnu comme le dernier géant après la disparition de Brassens, de Brel et de Ferré. Je suis triste et j’ai mal à notre culture populaire.

  3. avatar Dieter Lumpen dit :

    Oui, Jean Ferrat devrait être plus fêté, plus célébré. Il suffit de voir le stand qui a été dressé à son honneur lors de la fête de l’Humanité, il y a quelques années. J’avais 18 ans, alors, et la ferveur du public, jeunes et vieux m’avait conforté dans l’idée que Jean Ferrat est une référence pour beaucoup de gens.

    Malheureusement, la France est ingrate envers ceux qui l’ont si bien chantée …

  4. avatar Antoine Rüf dit :

    Le texte est admirable, la mise en musique (de Ferrat je crois en est parfaitement digne. Mais pour l’interprétation, essayez celle de Cora Vaucaire (enregistrée au Théâtre de la Ville avec un piano pour seul soutien). Bien plus oubliée encore que l’Ardéchois, cette grande dame qui a créé à peu près toutes les chansons de Prévert (dont les Feuilles Mortes) mérite autant que lui de se retrouver une fois dans un poste de radio. « C’est un rêve modeste et fou… »

  5. avatar woina44 dit :

    Voici des vers qui j’espère ne paraîtront pas trop déplacés ici, une manière d’hommage indirect à Louis Aragon que j’aime beaucoup.

    Celle à qui ces vers sont dédiés les a reçus voilà quelques années, dans la maison ancestrale qu’elle occupe chaque été en Isère avec son petit garçon (Samuel qui alors devait avoir un ou deux ans).

    Qu’elle se prénomme Elsa, que l’auteur des vers se prénomme Louis – c’est déjà amusant…

    Mais que le grand-père de la dame ait été le médecin attitré des véritables Elsa (Triolet) et Louis (Aragon), que la maison d’été soit pleine de souvenirs offerts à leur toubib par l’illustre couple… !!! Cela fait beaucoup de coïncidences, ne trouvez-vous pas ?

    Une maison aux volets clos, un rayon de soleil perçant l’ombre, et là une femme entre son petit garçon et ses livres… Voici les vers que je trouve fluides, avec un côté chanson mélancolique qui me touche beaucoup – qu’en eût dit Aragon :

    On vous devine, au loin, dans votre coin d’Isère,
    De quelques vieux bouquins soufflant sur la poussière,
    Faisant voler dans l’air dix mille points dorés
    Qu’un Samuel voit fuir d’entre ses poings serrés –
    C’est un buisson léger qu’a suscité sa mère.

    On vous devine, au loin, dans votre coin d’Isère.
    On ne voit pas chez vous de « paysage laid »,
    Mais un buisson d’écrits dont l’horizon nous plaît ;
    Tout un écrin de noms pris entre ciel et terre –
    Un Aragon d’Elsa ne pouvant pas se taire
    Et lui donnant toujours quelque nouveau couplet…

    On ne voit pas chez vous de paysage laid :
    Mais un soleil riant triant sur le volet
    Du mauvais grain le bon – de l’ombre la lumière,
    Et le meilleur des mots soustraits à la poussière
    Dont s’improvise en l’ombre un lumineux ballet –
    Et dont retombe en vers la cendre qui volait –
    Non tant pour amuser la dame Triolet

    Que pour une autre Elsa, qu’on a voulu distraire.

  6. avatar Jean-Pierre Hommelibre dit :

    L’interpretation de Marc Ogeret merite egalement des louanges. Il fait confiance aux paroles de ce poeme extraordinaire sans essayer d’ajouter trop d’expression dramatique. On sent pourtant sa noblesse et sa passion.

  7. avatar Michel dit :

    Ce poème est un chef-d’oeuvre. La mélodie épouse le texte à la perfection. Curieusement ce texte m’évoque toujours Jacques Brel sans doute en raison de l’innacessible étoile qui finit ici au fond d’un trou…

    Sans rien n’enlever à Jean Ferrat, qui fait partie des grands, je trouve parfois ses interprétations un peu trop douce… J’ai entendu bien des versions chantées de ce poème…pour moi la meilleure interprétation est celle de Pauline Julien plus incisive, plus virile et qui interpelle davantage.

    Pour finir, l’énumération des plus grand me fatigue toujours un peu…Barbara est si rarement évoquée et pourtant. Pire on oublie les vivants: Aznavour, Moustaki et tant qu’à y être Anne Sylvestre dont l’oeuvre méconnue est si belle, puis aussi Trenet et puis Piaf…et il y en a quelques autres …

    L’âme francophone est peuplée des chants de Ferrat et ça c’est grandiose!

  8. avatar Jorge dit :

    l’interprétation de jean ferrat est excellente, il est vai, mais personnellement j’ai un faible pour marc ogeret, méconnu, plus rustique, plus chaud dans ses intonations, plus intime…

  9. avatar roger dit :

    bonjour,
    simplement pour écrire que je suis en plein accord avec Jorge pour les raisons qu’il indique. Mais je suis pas sûr que ces mêmes raisons vaillent pour d’autres titres…

  10. avatar grine rachid dit :

    FERRAT, poete et chanteur sans frontière. Un patrimoine de l’humanité. En plus en, chantant les vers d’ARAGON, il participe à l’élévation des hommes et des femmes dans les plus hauts niveaux du courage.
    La souffrance enfante les songes comme une ruche ses abeilles
    l’homme crie et son fer le ronge et sa plaie engendre un soleil
    plus beau que les anciens mensonges.

    des vers d’actualité avec ce qui se passe dans le monde, notamment en Algérie, en Tunisie, en Égypte et j’en passe.

  11. avatar grine dit :

    Merci Jean Ferrat pour avoir été comme dirait ton ami Brel rossignol.

  12. avatar KERMORVANT dit :

    J’aurais tant aimé ce pendant ,gagner pour vous pour moi perdant , avoir été peut-être utile…..
    toute l’humilité la modestie et la genérosité exprimé dans la rencontre du poête et de Jean FERRAT

  13. avatar grine dit :

    ça parait peut etre étonnant, et pourtant c’est ce qui m’arrive à moi: j’arrive parfois à me soigner d’un mal en écoutant Ferrat. la dernière foi, c’était une foulure, une élongation ou que sais-je. En tout cas après un faux pas mon pied s’est mis à enfler et à me faire mal en plus d’une fièvre. Lorsque mon gosse a sur ma demande téléchargé « l’amour est cerise »
    a, j’ai pu me déplacé jusqu’à l’ordinateur et du coup la douleur s’est estompée. vraiment magique ce grand homme avec sa voix et son regard qui vous rempli d’espoir.
    Rachid Grine

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