Entrée des fantômes Jean-jacques Schuhl

14 février 2010 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (476 votes, moyenne: 3,93 / 5)
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Fantastique, horreur Littérature Roman Vos textes

entree-des-fantomes.jpgImaginez un peu qu’un fantôme vous adresse des SMS !!!?   ça se produit dès les premières pages. Et puis on voit le  narrateur dîner seul un soir d’hiver, dans un décor déjanté. C’est foutraque. Un cinéaste lui propose de jouer le rôle du chirurgien, dans Les Mains d’Orlac, vieux film culte des années folles. Très morbid chic. Fascination à l’idée d’incarner une créature du mal. Rôle en phase  avec le roman noir autour duquel ses pulsions de mort cristallisent  son énergie à écrire.

Effet de morphing continuel, «  ce procédé électronique par computer utilisé dans les nouvelles images pour transformer quelqu’un en un autre sous nos yeux. .. d’un fantôme l’autre… »

Après  L’hyper Justine » de Simon Libérati, le genre morbid chic prend de l’ampleur  avec ce livre déconstruit et moderne. Personnage au look aristocrate voyou, paroles d’une chanson électro-pop d’Etienne Daho, fredonnées devant l’aquarium d’un petit  chinois lettré. Le décor est planté.

Alors pour se sortir de sa gadoue mentale, le narrateur s’imagine acteur pour mieux s’identifier à des personnages, se lance dans le théâtre, comme dans l’écriture d’un roman « sans savoir du tout pourquoi .» les mots raisonnent dans sa tête «  comme quand on est très enrhumé »

Identification constante à tout personnage rencontré. Alors Schuhl s’interroge : «  Mais fantôme, fantasme, projection, émanation, qu’est ce que ça changeait ? » Toute situation est transfigurée avec le support de dialogues internes. Le narrateur se parle beaucoup à lui-même, à son alter-ego, au petit autre qu’il porte en lui. Thème constant du double de soi-même car «  la créature est une projection ou un double » 

 Le livre est plein de ces projections enrichies  d’une vie sensorielle époustouflante. Ainsi avec la margarita «  un tiers téquila un tiers cointreau… et le twist de citron vert, la fine écorce en hélice vient effleurer à nouveau ma lèvre… Au One Fifth on nous le servait en petit carafon évasés, le verre préparé, bien glacé, avec, la blancheur du givre autour, sur les vitres embuées » (p. 69)

Comme le coktail, le livre allume vite et rend léger… comme un fantôme !

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2 commentaires pour “Entrée des fantômes Jean-jacques Schuhl”

  1. avatar tilly dit :

    belle chronique de lecture que je vous remercie d’avoir partagée sur mon blog 😉

  2. avatar bruno chauvierre dit :

    @tilly – Votre blog m’intéresse.

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