Discours Parfait Philippe Sollers: un Céline magique ?

28 janvier 2010 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (272 votes, moyenne: 3,94 / 5)
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Comme Céline,

                           Philipe Sollers, ex-maoïste est à son aise dans le pire.

 L’un avec « Je suis partout », l’autre avec « La Cause du Peuple ».

 A vrai dire, la Cause du Peuple, que j’ai vendue, moi aussi, sur les marchés, est moins pire que l’autre.

Mais enfin, quand même, tout ça est foutrement dérangeant pour ceux qui préfèrent donner le Prix Nobel à  Le Clézio, plutôt qu’à Sollers.

Bon Dieu !… mais Sade est toujours vivant, me suis-je exclamé, du côté de la page 130 du pavé de Sollers !… j’ai eu l’impression de côtoyer le divin marquis, tellement Sollers le fait magiquement surgir, dans une infinie délicatesse.

Oui magie de Sollers et du divin marquis : «  on s’embarque pour le souper dans des galères charmantes qui mènent chez une fée dont le palais est resplendissant et le souper servi par des sylphes qui descendent des airs. » Magie transmise à Simon Libérati et à son Hyper Justine. Morbid chic en prime.

Actualité et vérité de Céline à la page 326. C’est un sans-papiers. Allusion à l’exil de Klarskovgaard, ainsi commenté par Sollers : « La vérité, pour un sans-papiers, est tout simplement qu’il est hors-la-loi. »

 A la belle époque de la Gauche Prolétarienne et des ses queues leu leu maoïstes, Sollers jouissait d’être hors -la –loi. Vu ! visé ! feu ! salut !

 Bon !… j’avoue !… moi aussi. Mais on avait des papiers.

Tout ça c’est beau !…mais pourquoi  Sollers s’est-t-il éloigné de la politique ? il répond à la page 191, Sollers, se  projetant sur Goethe se confie :

« Eh non, le destin n’est pas la politique, mais quelque chose de plus profond, de plus intérieur. Un voyage permanent, une randonnée clandestine, un exil voulu, une accumulation de trésors, une renaissance » 

Le destin de Sollers ne manque pas de grandeur. Napoléon, en 1808 à Erfurt invitait Goethe : « Venez à Paris, le destin, désormais, c’est la politique ». Comme Goethe, Sollers a refusé la politique. Et pourtant François Mitterrand était demandeur !

 Sollers a suivi un destin qui lui a offert plusieurs vies. Comme Céline et « ses vingt-sept vies différentes» (p.330)

Dernier tour de magie de Sollers, faire disparaître page 188, un mâle viril :

« Un bon coq est celui qui a du feu dans les yeux, de la fierté dans la démarche, de la liberté dans ses mouvements, et de toutes les proportions qui annoncent la force. Un Coq ainsi fait inspirera de l’amour à un grand nombre de poules : si on veut le ménager on ne lui en laissera que douze ou quinze… »

Hé ! là ! cocottes ! Si vous voulez connaître l’identité magique du coq en question, lisez le livre de Sollers ou écrivez-moi, dans la rubrique « commentaires »

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