La Pizzeria du Vésuve – Pascaline Alleriana

Critique de le 22 mars 2012

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Nouvelle Roman

Jusqu’à présent, le roman et la nouvelle formaient deux genres bien distincts, chacun ayant ses codes propres. Dans la lignée du roman postmoderne, qui détourne les traditions, Pascaline Alleriana invente une nouvelle forme de narration avec son roman nouvelliste, « La Pizzeria du Vésuve ».

En apparence, rien ne distingue « La Pizzeria du Vésuve » d’un recueil de nouvelles comme les autres. Le récit explore un thème unique (les apprentissages amoureux de la jeunesse) à travers quatre épisodes construits selon les règles de la nouvelle traditionnelle.

Ainsi, les événements sont vécus (et racontés) par un personnage principal. Il s’agit d’abord de Kenneth (Irlandais voyeur mais puceau) qui rêve de posséder Agnès, rencontrée lors d’un strip-tease artistique. Ensuite apparaît Gaétan, jeune provincial ébloui par Delphine, qui le mène rapidement par le bout du nez. Dans la troisième nouvelle, c’est une trentenaire parisienne (Hélène) qui tombe sous le charme de Florent, aussi séducteur que cruel. Enfin, Anselme (qui habite sur un atoll polynésien) voit son quotidien bouleversé par l’arrivée d’une touriste séropositive.

Chacun de ces épisodes se déroule sur un laps de temps resserré (de quelques mois à quelques années) et il s’achève par un élément inattendu, qui correspond à la chute concluant les nouvelles écrites dans les règles de l’art. Cependant, on remarque assez vite une gradation dans le récit. Elle concerne l’âge des personnages (Gaétan est plus vieux que Kenneth, Anselme est né avant Hélène). Elle touche également leur « dérive » psychologique (Kenneth s’en tient à un voyeurisme inoffensif, tandis qu’Hélène met sa vie en danger par mythomanie).

Or, cette présentation incite à une lecture continue, qui transforme le recueil de nouvelles en un roman. Pour cela, il suffit « d’accepter que le protagoniste prenne un nom différent d’un chapitre à l’autre », indique Pascaline Alleriana, dans une interview accordée au Nouvel Observateur. Alors, le récit gagne en originalité car les personnages principaux, fondus en un seul, incitent à se demander comment on peut naître en Irlande, étudier dans l’Hexagone, tomber amoureux à Rome, puis achever son existence en Polynésie, après avoir essuyé de nombreux coups du sort.

C’est simple : il suffit de se retrouver dans une histoire ample comme un roman et gorgée de suspense comme une nouvelle. Grâce à ces qualités, « La Pizzeria du Vésuve » compose un nouveau genre, celui du roman nouvelliste. Un tour de force, qui met le lecteur en position de créateur, car il revient à lui d’adhérer (ou non) aux propositions du récit. De l’inédit au pays de la narration.

Pascaline Alleriana, La Pizzeria du Vésuve, éditions Kirographaires, 2012

Détails sur La Pizzeria du Vésuve – Pascaline Alleriana

Isbn : 2822500495

La Pizzeria du Vésuve – Pascaline Alleriana

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