La lune dans le caniveau de David Goodis, FAYARD

19 mai 2013 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (64 votes, moyenne: 4,78 / 5)
Loading...

Critique lue : 1 301 fois


Tu portes la poisse et les gentilles femmes, c’est pas pour toi, car tu es un personnage goodisien. Ta soeur, goodisienne victimisée par des salauds, ne s’est pas encore tranché la gorge, mais ça pourrait arriver. Un jour, comme Korrigan – alias Depardieu à l’écran, tu seras pétrifié devant le caniveau où, inondées par le clair de lune, brilleront encore les traces de sang séché de ta soeur.

Comme Korrigan, chercheras-tu le meurtrier ? Comme lui, toi le pro de la loupaille, manqueras-tu la riche et belle blonde qui pourtant te kiffe si grave ? Cette histoire de William Kurrigan ça pourrait être la tienne, car le personnage goodisien est un mec normal, comme toi…

Sois inquiet, car en plus, comme Korrigan, tes cernes reflètent les plus sombres pensées de ton ciboulot.

En vrai goodisien, tu te la fanfaronnes, mec telement obsédé par un type de femme, que toi aussi tu passes à côté de l’âme-soeur qui s’offre à toi. Serais-tu, toi aussi, comme Korrigan, fasciné par les meufs, mi-africaines, mi-portugaises, la peau cuivrée comme celle des Cherokees venant en plus comme option. Est-ce que les courbes te font avaler la salive… comme tous les goodisiens ? Est-ce que les yeux d’onyx bordés de longs cils te font chavirer ? Les lèvres pulpeuses, sans être charnues, te donnent-elles envie d’y déposer un baiser – comme celles de Lola, belle-mère lubrique de Kurrigan et panthère réputée pour sa violence dans l’exercice de son métier de videuse de boîtes de nuit pour matelots.

Tu réponds oui à ces questions, mais tu te demandes si tu vis un polar ou un mélodrame ?  » Un mélodrame avec de l’action  » dirait François Guérif ,reprenant Goodis.

C’est vrai qu’il y a de l’action, et de sacrées bagarres sur les quais du port, et du crépage de chignons, et des cuites… Le tout dans une psychologie où le personnage goodisien a si peu confiance en lui, que lorsqu’il va gagner un combat de rue, il s’ingénie pour le perdre, car il pense ne pas mériter la victoire. Rossé par moins fort que lui, il se réfugie dans un coin et se tape dessus.

Mais toi, c’est sûr tu n’es pas un boloss comme lui, et ta vie n’est pas un roman noir.

Tags:

Laisser un commentaire