J.B.Pontalis Un Jour, Le Crime

8 mars 2011 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (83 votes, moyenne: 4,64 / 5)
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Essais Psychologie Roman

Livre de psychanalyste ou de moralisateur ?

Barbey d’Aurevilly comparait la femme à une panthère qui mord, griffe et dévore l’homme. Au mieux elle s’attache à l’homme, mais alors elle ne le lâche plus. Alors le psychanalyste Jean- Baptiste Pontalis envisage de partir en vacances avec «  les Œuvres de Barbey, deux volumes de la Pléiade. Pour comprendre enfin, moi qui me veut si mesuré, ce qu’il en est de la démesure, celle de la passion, celle de la vengeance et celle du crime. » Lecture d’été d’un psychanalyste.

A le lire, les crimes de femmes ont leur spécificité. J.B.Pontalis,  très moralisateur, prend même leur parti quand il s’agit de femmes trompées et humiliées par un mari sadique et hilare, comme se fut le cas du député-maire d’Orléans, le docteur Chevalier. Un homme que Pontalis décrit dans le ridicule du mec en calebard qui fanfaronne et  promotionne son sexe. « Il fait un geste obscène accompagné de ces mots : ça, c’est pas pour toi, je la réserve à l’autre.  » (page 39) Le jury acquitta Madame Chevallier. Et notre moralisateur d’ajouter : «  Bonne mère, épouse fidèle, dont le mari a trahi, bafoué l’amour qu’elle n’a cessé de lui vouer. »( page 40) Maxime de moralisateur.

 

J.B. Pontalis ? Psychanalyste ou moralisateur ? Non ! UN APOTRE DU RENONCEMENT AU PRIMAT DES PULSIONS

Et  pourquoi un psychanalyste ne pourrait-il pas à ses heures, ses moments de faiblesse être moralisateur ? Moi, ça ne me gène pas. Ce qui est important, de mon point de vue, c’est de retrouver le psychanalyste, dans son analyse du renoncement comme élément fondateur de la civilisation, à une époque où on célèbre le primat du DESIR   » Ne pas céder sur le désir » disait imprudemment Lacan. Oui, il faut renoncer à tout posséder. Nous ne sommes ni le centre du monde, ni le centre de nous-mêmes. Nous devons renoncer à assouvir la totalité de nos pulsions, rappelle avec freudisme, Pontalis, du côté de la page 59 … La folie de Dostoïevski tient à ce qu’il n’y renonce pas. Il a sans ménagement et totalement  » un caractère pulsionnel« … le caractère de l’assassin ou du fou. Il est en deça de la Civilisation.

Dans les frères Karamazov, les frères de la horde primitive ressurgissent, avec la culpabilité et l’auto-punition surgissant après le triomphe. 

  CRIME ET CHATIMENT DANS UN CHEF-D’OEUVRE DE LA LITTERATURE

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