Entre mes mains le bonheur se faufile – Agnès Martin-Lugand

5 mars 2016 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (4 votes, moyenne: 4,50 / 5)
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couv lugandJ’ai découvert avec plaisir la prose d’Agnès Martin-Lugand avec le célèbre Les gens heureux lisent et boivent du café. Cela m’a donné envie d’approfondir ma connaissance de cette auteure en me penchant sur un autre de ses romans. Je n’avais guère le choix : Martin-Lugand vient de signer son troisième roman, qui n’est autre que la suite des « Gens…« . Comme j’avais le souci d’aiguiser mon jugement sur l’auteure, je me suis tournée vers Entre mes mains le bonheur se faufile, pour découvrir un nouvel univers.

J’ai été globalement déçue de la facilité dans laquelle est tombée Martin-Lugand. Ses trois personnages principaux sont clairement inspirés par ceux d’EL James dans Cinquante Nuances de Grey ( voire copiés?). Iris est la faible et stupide Anastasia Steele dont la vie est irrésistiblement dictée par le dominant Christian Grey, ici incarné par le duo de choc Marthe et Gabriel. L’emprise psychologique s’exerce sur la soumise Iris qui accepte son infantilisation en baissant les yeux. Le parallèle avec les personnages – et leurs relations – d’EL James était pour moi tellement flagrant que j’étais tout aussi agacée que lors de la lecture du premier tome de Fifty Shades (je n’ai pas pu aller plus loin que ce premier opus, mais c’est une autre histoire!). Comment expliquer cet agacement? J’avais clairement envie de secouer la pauvre cruche qui sert de personnage principal et de cracher au visage des deux autres. Je voyais même le moment où cette histoire allait se terminer en partie à trois (comme évoqué par l’auteure page 239!). Consciemment ou non, j’ai l’impression que Martin-Lugand a voulu reproduire l’ambiance des Cinquante nuances, le sexe en moins. Si c’est conscient, c’est commercial, et ça me dérange fortement (bien qu’elle écrive bien mieux que son mentor). Si c’est inconscient c’est qu’elle a aimé et qu’elle s’est imprégnée de la trilogie d’EL James, et ça me déçoit également.

Au début de cette critique, je vous parlais de facilité : [Attention spoil indiqué entre crochets] [le mari d’Iris, pour les besoins du récit, est expédié et éjecté de l’histoire par une pirouette de l’auteure. Les personnages sont changeants, ce qui les rend peu réalistes : l’indécis devient déterminé, le loup devient agneau, le fort cachait en fait sa faiblesse.] C’est énervant et amené de façon grossière.

Pourtant, pourtant… en fermant le livre j’ai repensé aux côtés positifs du roman que je venais de lire. La plume de l’auteure, qui m’est toujours agréable; une fin en demi-teinte entre le dramatique (seul aspect non prévisible du livre) et le happy-end; et puis finalement le sentiment d’avoir besoin d’un troisième roman de Martin-Lugand pour m’en faire l’idée que j’espérais me forger cette fois-ci. Je vais refaire un tour du côté des Gens heureux, avec un petit café.

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