« Aimer et laisser mourir », de Jacques-Olivier BOSCO

21 septembre 2012 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (14 votes, moyenne: 4,14 / 5)
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Roman

Blog: passion-romans

Quel plaisir de retrouver le style Bosco, une plume crachant des valeurs qui lui semblent toujours aussi importantes et fondamentales, telles que l’honneur, la parole ou le respect. Si vous avez lu ma chronique sur son 2ème ouvrage, « Le Cramé« , ou lu le livre, vous vous souviendrez alors de cet homme, « Le Cramé« , qui m’avait profondément marqué par sa complexité, sa puissance de caractère et son aura qui a immanquablement laissé des traces derrière lui – pas que des traces d’ailleurs…

Ici, une écriture nerveuse et agitée qui nous propulse dans la violence sans aucune protection possible. Une intrigue complexe sans temps morts aux nombreuses ramifications et rebondissements. Un voyage aux quatre coins du monde, mais pas forcément le beau monde… Jacques-Olivier Bosco utilise dans ce roman des sujets pas très ragoûtants, mais des sujets au combien réels et concrets, bien malheureusement.

L’intégrité des femmes est franchement mise à mal dans ce récit, vous comprendrez pourquoi. L’auteur place une bonne partie de son intrigue dans ce contexte et j’approuve; en parler c’est déjà, à mon sens, produire un certain respect. Connaissant Jacques-Olivier Bosco, je pense qu’il me donnerait certainement raison; mais je dois avouer qu’il ne va pas de main morte pour décrire ces situations macabres! Lire Bosco ce n’est pas tourner autour du pot, c’est aller droit au but et sans filet.

Tourner les pages de ce nouveau roman « Aimer et laisser mourir« , c’est côtoyer un autre personnage fort et charismatique, Lucas, dit « Le Maudit », un être tout aussi complexe et intriguant. D’ailleurs, si vous avez lu le premier roman de Bosco, « Et la mort se lèvera« , vous devez certainement déjà le connaître…

Alors que « Le Cramé » était spécialisé dans les braquages de haut vol, « Le Maudit », quant à lui, est un exécuteur; il tue sur commande, sur contrat. Des barons de la drogue, des notables ou des flics pourris et corrompus, mais jamais de femmes, c’est un principe. Oui car Lucas à des principes autant que « Le Cramé » avait des codes et des règles de vie. Deux hommes qui se ressemblent assez finalement; des justiciers.

Pourquoi « Le Maudit »? Cet homme se serait fait un nom durant les années passées en Colombie, allant des AUC (paramilitaires), travaillant pour les américains qui l’avaient initié à la guérilla, aux maniements des armes, jusqu’à devenir sniper, tireur d’élite. Une rumeur provenant de la jungle prétend que « Le Maudit » se serait fait torturer par les siens, puis se serait vengé contre ses compagnons d’armes, jusqu’au dernier, jusqu’à leur chef brûlé vif. Une nuit durant laquelle il aurait sauvé femmes et enfants, une nuit suite à laquelle il était revenu changé – plus le même homme – une nuit suite à laquelle on l’appelle désormais « Le Maudit ».

Jacques-Olivier Bosco a de nouveau réussi à donner au personnage principal un cadre complet et précis – une âme – ce qui implique que le lecteur se sent très proche; j’irais même jusqu’à dire qu’une sorte d’intimité se crée petit à petit entre le lecteur et cet homme au regard pourtant froid comme l’acier. Un personnage qui court contre la montre, ou plutôt contre la mort, afin de ne pas se faire rattraper et prendre dans la gueule ce qu’il a déjà récolté. Un gars qui avance avec détermination et sans peur, mais qui traîne également quelques tourments, des déchirements qui pourraient casser un être.

Entre les inquiétantes fermes près de Zagreb, où des femmes séquestrées sont dressées comme des chiennes par des proxénètes sans pitié et sans âme afin de les placer dans leur circuits de prostitution, ou encore parmi les puissants cartels intouchables de Bogota, Jacques-Olivier Bosco nous arrache de notre confortable divan pour nous placer au front, devant cette misère, cette merde qui ne manquera pas de nous percuter. C’est franchement cru, Bosco lâche son encre sans tenter une seule seconde de préserver le lecteur. Son écriture est simple, sans fioriture, mais c’est une affaire qui fonctionne!

Comme l’auteur semble aimer les bonnes choses, nous avons l’occasion dans ce roman de rencontrer de belles femmes – que dis-je, de superbes et pulpeuses bimbos! – qui vous feront certainement tourner la tête dans tous les sens du terme. Des femmes classes et aguicheuses dans l’atmosphère clinquant et luxueux des palaces de Cannes, mais aussi des femmes un peu moins classes – voir pas du tout – mais toujours aussi aguicheuses dans la chaleur des quartiers pauvres de Bogota, en Colombie.

« Elle puait le sexe à fleur de peau. Cela provenait, sans doute, de son côté populace et sale. Ses cheveux étaient teints en blond à l’eau oxygénée et son maquillage bon marché s’étalait grossièrement sous ses yeux qu’elle avait grands et marron, semblables à ces personnages de mangas japonais. Mais plus que tout, sa poitrine obnubilait le regard. On avait envie de se saisir d’un de ses seins comme d’un levier de vitesse. Le levier de vitesse d’une Ferrari. »

A présent que je vous ai posé le cadre, décrit l’ambiance, je vous laisserai le soin de découvrir l’intrigue. Mais je peux tout de même vous dévoiler que « Le Maudit » va accepter, un peu sous la contrainte il faut le dire, un contrat s’élevant à plusieurs millions de dollars, un contrat qui traîne un peu car personne n’en veut… Trop délicat, une saloperie de coupe-gorge. De fil en aiguille, il va profondément se mettre dans le pétrin, pour ne pas dire dans la merde, et tomber dans un piège, une belle embuscade très bien organisée. « Le Maudit » va aussi être contraint d’exécuter une sale besogne, un travail totalement contraire à ses principes. Gros dilemme…

Aussi, une femme va être témoin d’une scène qu’elle n’aurait jamais dû voir; le début de l’enfer pour cette plantureuse nana qui prétend être la femme de tous les hommes. « Le Maudit » va croiser son chemin, se retourner, l’accompagner et l’aider. L’aimer? Sans doute… Pour ses deux derniers contrats, l’amour va prendre une proportion inattendue et « Le Maudit » va devoir prendre des décisions que lui même aura du mal à accepter.

Cet homme va trouver quelques alliances pour s’en sortir, avec les Corses, pour ne citer qu’un exemple; une relation forte au niveau humain, où tous les codes d’honneur ressortent et prennent tous leur sens. Beaucoup de clichés c’est vrai, mais c’est franchement du bonheur de suivre ces dialogues francs et « brut de coffrage » entre puissants truands qui cherchent des solutions (pas très catholiques) et là, sincèrement, Bosco sait s’y prendre pour nous le transmettre.  Les corses… à nouveau, l’auteur semble bien les connaître.

Un dénouement percutant, captivant mais aussi bouleversant. Une issue vers laquelle on s’approche à 200 km/h, avec une pression qui reste constante, à la limite de nous faire sauter la soupape. Une conclusion qu’on ne voudrait peut-être pas atteindre, faire un arrêt sur image et essayer de faire changer le cours des choses. Jacques-Olivier Bosco va-t-il le faire pour nous?

En parlant d’image, encore une fois, j’estime que ce roman est très visuel et une adaptation cinématographique serait franchement intéressante… (Déjà rien que pour voir évoluer les bimbos de Bosco 😉 ). Voilà, beaucoup de louanges pour ses œuvres, c’est vrai, mais lorsque je trouve un style, j’adhère jusqu’au bout. Et oui, j’ai également mes codes et mes principes… Bonne lecture.

Un commentaire pour “« Aimer et laisser mourir », de Jacques-Olivier BOSCO”

  1. avatar jacquesolivier.bosco dit :

    Magnifique article de Pascal qui a su, encore une fois, décrypter les fondements du travail de l’auteur. Je voudrais juste ajouter une précision concernant les personnages féminins. Il y a certes Le Maudit, mais il y a aussi Amanda, personnage principal à part entière, avec son passé ses doutes et ses sentiments, mais aussi sa rage et son « petit » caractère. Juste pour dire que les femmes sont bel ( -les) et BIEN représentées dans ce roman, (comme je les adore, j’en ai trois à la maison) j’ai, vraiment, voulu écrire une histoire d’amour, vu des deux côtés, avec, bien sur, une aventure et du supenssss. Je remercie vraiment l’auteur de cette chronique qui, pourtant, a des goûts très surs. : ))
    JOB

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