Voyages en absurdie (Stéphane de Groodt)

25 juin 2014 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (2 votes, moyenne: 4,50 / 5)
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Art, spectacle, musique

voyages en absurdieCe livre, sous-titré « Chroniques » est la simple transcription des interventions que depuis la rentrée 2012, Stéphane de Groodt présente tous les dimanches dans l’émission de Canal+ « Le Supplément » dans une chronique de quelques minutes intitulée « Retour vers le futur. » Il y raconte ses rencontres imaginaires et loufoques avec des personnages célèbres sur un ton humoristique mêlant jeux de mots, plaisanteries et calembours. Son humour absurde et très littéraire ainsi que le rythme effréné de ses jeux de mots le rapprochent d’humoristes comme Raymond Devos ou Pierre Desproges. Toutefois, lui-même se déclare plutôt influencé par Pierre Repp. Véritable consécration, le 31 mai 2014, Aurélie Filippetti lui a remis le prix Raymond-Devos. L’ennui, c’est que lire ces amusettes toutes à la suite et se les voir distiller à petite dose une fois par semaine ne donne pas du tout le même résultat. Le lecteur s’aperçoit que l’amuseur a une petite recette déclinée ad lib. Chaque chronique débute systématiquement par quelque chose du genre : « Comme vous le savez sûrement et, si vous ne le savez pas, vous allez le savoir… », se poursuit par un voyage improbable, à dos de chameau ou de grand-mère, en pédalo ou en tire-tire (l’équivalent à l’envers du pousse-pousse), puis par une rencontre quasiment sans contenu et s’achève sur un rapide retour à la maison toujours en catastrophe. L’humour se veut léger, sans fond, sans ironie, ni méchanceté ni moquerie sur la personne, excepté quelques fines ou lourdes allusions musicales (Jacques Brel) ou littéraires (Céline). Mais même la meilleure recette, quand elle est répétée cinquante fois, amène forcément une certaine lassitude. Dommage, car de Groodt est certainement un des humoristes les plus brillants de l’année. A quand une vraie oeuvre littéraire ? Là, ce serait un défi nettement plus difficile à relever. L’immense Devos, humoriste d’un autre niveau, qui lui s’y risqua plusieurs fois, ne parvint pas à convaincre.

3/5

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