City of Quartz – Mike Davis

23 mai 2013 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (44 votes, moyenne: 4,68 / 5)
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Actualité, politique Questions ouvertes, réflexions

On rêve en ce moment même des stars qui montent le tapis rouge de Cannes dans des robes de haute-couture magnifiques et des parures qui rivaliseraient avec les joyaux de la Reine. Ces célébrités dont la plupart viennent de Los Angeles n’ont sûrement pas idée que la ville du rêve américain est une chimère.

Le sociologue Mike Davis fait dans City of Quartz une brillante étude où il nous présente cette ville qui cannibalise tout sur son passage laissant derrière elle des restes de population en proie à la pauvreté et au rejet des classes supérieures. En fait ce qu’il met en évidence, c’est cette ségrégation sociale et ethnique violente que les États-Unis ont mis en place dans leur espace urbain. Entre les quartiers riches et pauvres il n’y a qu’une transition brutale à coup de murs bétonnés, ponts, zones autoroutières et j’en passe!

Mike Davis nous parle du quartier de Skid Row, ce « dépotoir à ciel ouvert » où l’on peut se faire déglinguer à coup de revolver ou de colt 45 pour un ou deux dollars dans la mesure où ce quartier concentre un pourcentage de SDF important et une population dont les revenus sont bien en-dessous du seuil de pauvreté. Les centres sociaux visant à réduire la pauvreté ont provoqué l’inverse puisqu’ils ont attiré encore plus de pauvres dans ce quartier… Isolement, insécurité, abandon des services, Mike Davis dresse le constat de ces quartiers cachés par la renommée de L.A

Oh mais que voyons-nous là-haut sur la colline surplombant la ville?! Un quartier de villas ultra-protégées qui s’isole loin des quartiers populaires. Cela n’aurait sûrement pas plu au personnage de Bukowski dans Le Postier….

« L’archepelisation du territoire » soumet Mike Davis en distinguant plusieurs quartiers que tout oppose et qui sont véritablement collés les uns aux autres. Ah Mike Davis nous envoie, effectivement, loin du fast et des paillettes des États-Unis et très loin de l’univers d’un Gatsby et assez proche d’un Henri Chinaski!!

Un très bon livre de géographie-sociale qui nous fait découvrir véritablement une autre facette de Los Angeles au-travers de différentes périodes de la ville et qui nous révèle finalement les composantes de la société américaine toujours plus isolée  et individualiste où la population rationne la solidarité ce qui entraîne les jeunes dans la course aux gangs et la recherche de pouvoir les armes à la main.

 

 

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