Du bon usage de la torture, ou comment les démocraties justifient l’injustifiable

Critique de le 15 septembre 2020

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (Pas encore d'évaluation)
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Essais

Dans cet Essai Michel Terestchenko décortique toutes les approches, analyses, arguments…, qui peuvent aller dans le sens ou non, de l’usage de la torture.

L’auteur part de l’exemple récent de l’usage de la torture aux Etats-Unis. En effet, un tiers du livre est consacré à recenser et à étudier des exemples de tortures physiques et principalement psychologiques, utilisées par les U.S.A., depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001 à New-York, perpétrés par les Islamistes intégristes d’Al-Qaida.
L’Amérique, à partir de cette période, a déclaré une « guerre globale contre la terreur » aux terroristes Islamistes, s’autorisant à faire usage de techniques humiliantes et dégradantes et/ou de la torture, notamment, dans : la prison d’Abou Ghraib en Irak, dans celle de Guantanamo Bay à Cuba et dans des centres de détention en Afghanistan.
Evidemment, ces « pratiques » sont parfaitement illégales au regard des organismes Internationaux pour la défense des Droits de l’Homme et contre la torture, entre autres, voici un exemple cité par l’auteur, page 29 :

« Ces principes sont au fondement d’une série de normes précises, édictées en particulier par les conventions de Genève relatives au traitement des prisonniers de guerre de 1949 et par la « convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains, ou dégradants », adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU le 10 décembre 1984. »

Donc, vis-à-vis du Droit International, ces actes barbares relèvent : du CRIME D’ETAT !

Une fois ce constat posé, Michel Trestchenko se propose donc d’explorer, dans quelles mesures une société Démocratique peut s’autoriser ou non dans des cas « exceptionnels » à faire usage de la torture.

Pour cette étude, il utilise la théorie de : « la bombe à retardement » ou « ticking bomb ». Ce cas extrême et à caractère « impérieux » est largement utilisé dans la série télévisée Américaine : « 24 heures ». En résumé, le principe de cette théorie est le suivant :
Un terroriste pose une bombe dans un lieu public, mais le terroriste présumé est arrêté avant l’explosion de la bombe. La question se pose alors, de savoir :
Si le supposé terroriste n’avoue pas de lui-même, est-il légitime pour un Etat démocratique, d’avoir recours à la torture physique ou psychologique ?

Comme nous l’avons déjà vu, cette question se trouve immédiatement confrontée à : la morale ainsi qu’aux lois Nationales et Internationales.

Et surtout, la pratique de la torture est tout simplement incompatible, avec : le respect, la dignité, ainsi que l’intégrité physique et psychologique de l’être humain.

L’auteur présente une analyse très complète de ce phénomène, étant entendu, que la réponse à la problématique posée, est malgré sa complexité, EVIDENTE.

Voici donc à travers trois citations et réflexions, le seul choix possible qui se présente à une société se réclamant et se voulant DEMOCRATIQUE. La première citation, page 194 :

« L’Etat démocratique qui torture nie les principes sur lesquels il est fondé. »

Ensuite, il s’agit de la définition du philosophe Israélien Avishai Margalit, page 182 :

« Une société décente est une société qui n’humilie pas les gens. »

Et pour conclure, celle du psychanalyste Argentin Miguel Benasayag, lui-même, victime de tortures, pages 192 et 193 :

« Tout amène à prouver, écrit-il, que si l’Etat touche le corps d’un prisonnier, il devient illégitime. »

Confer également, un autre ouvrage aussi passionnant, de Michel Terestchenko Un si fragile vernis d’humanité : Banalité du mal, banalité du bien.

Détails sur Du bon usage de la torture, ou comment les démocraties justifient l’injustifiable

Auteur : Michel Terestchenko

Editeur : La Découverte

Nombre de pages : 216

Isbn : 978-2707149831

Du bon usage de la torture, ou comment les démocraties justifient l’injustifiable

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