Notre São Paulo

18 mars 2008 par

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Souviens-toi, mon ami…,
on s’était rencontré
au milieu d’une usine où battait la ferraille,
on mariait la vie
à ce monde blessé
par l’air irrespirable à force de batailles…

L’un et l’autre arrivait
pour recommencer tout,
comme un nouveau caprice le long de nos chemins,
pendant qu’agonisaient
ces gamins un peu fous
prisonniers de cloaques où se perdaient les trains…

On se saoulait de mots,
de regards et de rires
sous les machines froides et le soleil absent
pour braver ce chaos
difficile à décrire
avec nos coups de coeur qui jouaient au printemps…

On brûlait nos semelles
sur des quais cafardeux
avec la foule grise imprégnée de béton
que les tas de poubelles
signaient comme un aveu
d’impuissance à rêver, enfin, d’une maison…

Mon ami…, souviens-toi
de ce matin fragile
où, bardés de nos sacs sur les derniers trottoirs
on emportait, je crois,
l’âme de cette ville
avec ces souvenirs qui me sont chers, ce soir…

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