Corps et biens de Robert Desnos

12 avril 2008 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (152 votes, moyenne: 3,39 / 5)
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Les poèmes proposés dans cet ouvrage publié en 1930 chez Gallimard sont l’œuvre de Robert Desnos, un des fondateurs du surréalisme, né à Paris en 1900 et mort en 1945 en camp de concentration.

<< Aime haine MN

Et n’aime NM

Haine aime NM

Aimai ne MN >>

 

Les poèmes de ce recueil sont des mélanges de mots et l’auteur joue avec les sonorités, comme le montre le poème ci-dessus, c’est l’écriture automatique qui consiste à écrire tous les mots qui vous passe par la tête sans se soucier ni de l’orthographe ni du sens, elle est parfois même réalisée sous hypnose. Ces tas de mots en l’air, parfois sans aucun rapport, semble parfois incohérent et le but de l’auteur est alors difficile voire impossible à cerner. Le contenu laisse dans certains poèmes une sensation de n’importe quoi, et de mots mis bout à bout.

Toutefois, dans le milieu du livre, le poète semble prendre un autre ton et les poèmes du sens, mais les images restent assez floues et le sens général de chaque texte pas très évident .

Il y a tout de même des jeux de sonorité assez réussis quand le support est par exemple une prière, qui est un sujet qui inspire apparemment les auteurs,. « Notre paire quiète, ô yeux ! … » ou quand il s’inspire de sujets évidents et connus de tous, tels que les mythes « Mais Orphée sur la lyre attestait les augures » .

Ces remarques ne sont que l’impression d’une jeune lycéenne qui ne connaît pas tous les recoins de la poésie, certains adeptes et connaisseurs apprécieront peut-être le style de l’auteur, mais pour les amateurs de poésie « classique », pleines de lyrisme et de belles images dans des textes pleins de sens, je pense que la lecture de ce livre ne vous amènera pas toutes les petite rêveries habituelles. Faisant partie de ces gens là, qui ont une idée bien arrêtée de ce que doit être la poésie, je n’ai dans l’ensemble pas pris énormément de plaisir à la lecture de cet ouvrage mais j’ai tout de même apprécié quelques écritures.

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19 commentaires pour “Corps et biens de Robert Desnos”

  1. avatar anselme dit :

     » J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.  »
    Robert Desnos

  2. avatar Aberman dit :

    Comment comprenez-vous le titre chosi par Robert Desnos pour son recueil  » Corps et biens  » ?

    Pour ma part, je ne comprends pas le rapport. Et pourtant, il doit y avoir un sens, même logique dans l’illogisme…

    Répondez moi vite s’il vous plaît !

    Merci d’avance.

  3. avatar poème dit :

    « L’homme réfléchit l’homme »
    Robert Desnos

  4. avatar anselme dit :

    Pas comprise celle là….

  5. avatar sabrina dit :

    Aberman, il se trouve que je navigué sur le Web à la recherche de reponse à cette meme question quand je tombe subitement sur ton commentaire. Quel hazard tout de meme! Le web n’est-il pas assez grand qu’il faut en plus que je tombe sur toi? hihi ^^
    Sabrina
    1ES1
    n’a pas commencé ses devoirs.

  6. avatar marion dit :

    haha! moi aussi je cherche je cherche les filles ^^
    y arrivera-on un jour ??
    1ES1 en galeeere help!

  7. avatar manon dit :

    1S2 en galère pour la meme question!! pourquoi tant de haine? ^^

  8. avatar manon dit :

    tkt 1ES1 en force trop en galère

  9. avatar Anouk dit :

    Moi je dis, REVOLUTION
    On met qu’il n’y a pas de raison, qu’il aimait bien ce titre. N’est ce pas une bonne idée ?

  10. avatar Innocence dit :

    Nan Anouk, ce ne serait une bonne idée… Ce serait comme enterrer cette tête française. Jouons un peu les détectives et ne bâclons pas l’enquête, s’il vous plaît..
    Je pense que le titre est en relation avec l’article qu’Aragon avait écrit contre lui. Il s’intitulait « Corps, Âmes et Biens »… Pour l’ouvrage, le mot « âmes » a disparu car ce sont ses pages qui matérialisent l’âme de Desnos. Desnos na pas perdu son âme, elle est entre les mains du lecteur. Il répond à Aragon en grand maître du surréalisme!

  11. avatar elyse dit :

    De mon côté j’ai lu quelque part que le titre vient de l’expression « couler corps et bien » (en parlant d’un bateau) mais après le sens je me rappelle plus ^^’

  12. avatar Vladimir dit :

    Malheureusement ce commentaire est trop court et tout ce qu’il en ressort au bout ce que la personne qui l’a écrit n’aime pas l’écriture surréaliste mais tout de même cela n’excuse pas tout. Comment peut-on dire que ce livre ne vous ammènera pas « toutes les petites rêveries habituelles ». Au contraire c’est justement tout la puissance de cet ouvrage et lorsque il nous emporte dans le poème « De la rose de marbre à la rose de fer » c’est tout un univers magique qui s’impose à nous. L’onirisme est total et la puissance évocatrive des mots, leurs sonorités font de ce poème et de l’ouvrage en général un chef d’oeuvre absolu. Pour faire une comparaison je le place dans l’aptitude évocatoire au même niveau que Baudelaire. Merci quand même pour ce commentaire même si il parait inabouti et bâclé…

  13. avatar Muscade dit :

    Ouf, merci Vladimir de remettre Desnos à sa place et de louer son génie.

  14. avatar louka dit :

    le titre du recueil « corps et biens » fait référence au thème du naufrage très présent dans les poèmes qui le composent. en effet dans le vacabulaire de la marine on dit d’un navire qu’il est perdu corps et biens lorsqu’il est perdu dans sa totalité. corps: la coque et biens : la marchandise.

  15. avatar elena dit :

    Aurélia Chabert,

    Vous vous dites jeune lycéenne « ignorante des recoins de la poésie » – votre modestie vous fait honneur ! Et vous écrivez à propos du livre de Robert Desnos (je vous cite): « Pour les amateurs de poésie « classique », pleines de lyrisme et de belles images dans des textes pleins de sens, je pense que la lecture de ce livre ne vous amènera pas toutes les petites rêveries habituelles »…

    Je comprends très bien ce que vous exprimez. Et pourtant ! Savez-vous que les choses sont loin d’être si distinctes et si séparées que nous le pensons d’ordinaire. Savez-vous par exemple que depuis toujours la poésie a utilisé ces « mélanges de mots et recherches de sonorités » qui vous déconcertent chez Robert Desnos…, y compris et aussi bien la poésie lyrique classique que vous préférez.

    Par exemple les maîtres du théâtre poétique « Grand Siècle » français ont constamment usé et abusé de l’exploration phonétique de la langue française. Lisez à voix haute, et distinguant bien le bruit des voyelles :

    « Comme si, s’élevant de plus belle en plus belle,

    Le sort par ces degrés tâchait d’approcher d’elle »

    (Andromède, de Corneille) composition des « é, â » et des « è, a » plus clairs, appuis consonantiques durs des « r » et des occlusives, puis résorbés dans les chuintantes, faisant ce vers de… roche friable. Rions d’une subjectivité probable ! Mais relisons, et écoutons…

    Lisez encore ceci lentement, intensément en vous-même, pourquoi pas franchement à voix haute (et même comme s’il s’agissait de jeux de mots):

    (Esther, de Racine)
    « Chantons mes soeurs, chantons ; et que puissent nos chants

    Du coeur d’Assuérus adoucir la rudesse »

    les voyelles u, i, oeu, leur mouvement tournant dans les sifflantes et les dentales font du distique un serpent qui se tord au soleil… et change de couleur. Etc.

    Il est vrai qu’au XXe siècle par exemple, des « Surréalistes » 1920 jusqu’au « Lettrisme » d’Isidore Isou 1950 et au-delà…, l’accent a été mis sur ce type de recherches, qui sont donc évidentes, alors que tout l’art des « classiques » que vous aimez, un art fait de constantes recherches sur les renversements, monnayages, redistributions de syllabes et de phonèmes – consistait au contraire à les cacher. L’enseignement scolaire traditionnel n’aborde que très peu ces questions délicates, ou pire : quand il a parlé de rimes, d’assonances, d’allitérations ils pense avoir tout dit !

    Résultat : nous nous hâtons d’écouter le « sens », et nous sommes tellement habitués à la lecture muette que nous oublions le plaisir délicieux (et amusant) du « son » de ces vers classiques.

    Peut-être puis-je vous recommander une exception du XXe siècle – un antidote à notre relative surdité ! -, la lecture du livre « Charmes » de Paul Valéry (Poésie/Gallimard). Lisez le sonnet « Les Grenades », ou bien le court poème « Le Sylphe », puis les poèmes plus longs…

    Personnellement je vous renvoie dans « critique-livre.fr » à ma critique du livre « Adonis » de Louis Latourre, du 27 juillet 2008. Et pour prolonger et approfondir ce commentaire à l’article « Vers un théâtre d’art » dans le site « http://theatreartproject.com ».

    Amicalement

  16. avatar Stéfan dit :

    Moi je suis vraiment bloqué je dois trouvé en quoi ces poèmes sont subversifs…..Quelqu’un aurait une idée ?

  17. avatar medicus dit :

    Ces poèmes peuvent être jugés subversifs
    par des gens qui, à les lire,
    craignent pour leur santé psychique

    Ils dérangent l’ordre public
    car ils sont interversifs

    Et donc finalement soi-niant
    à un certain niveau

    medicus: poète et hypnothérapeute

    medicus@gmx.fr

  18. avatar Lucas dit :

    Le nom du recueil vient de l’expression y laisser corps et bien, c’est lorsque le capitaine d’un navire a perdu son navire et tout ce qui s’y trouvait. Il y a donc je pense la notion de sacrifice du poète et de don de sois même.

  19. avatar Gehece dit :

    TITRE : métaphore marine, arrête dorsale du recueil. Il n’est pas sans risque de se livrer à la poésie corps et âme (écriture automatique…), quitte à s’y perdre corps et biens. La poésie est une aventure risquée ( texte liminaire : le fard des argonautes). A méditer.

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