La plus grande pente (Georges Arnaud)

Critique de le 2 novembre 2013

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Nouvelle

la plus grande penteAu Vénézuéla, un Français a investi toutes ses économies et au delà pour s’acheter un gros camion Mack qui doit lui permettre de gagner sa vie en transportant du fret entre la ville de Caracas et le port de La Guayra distant de seulement 40 km. Mais il s’agit de parcourir une route pentue, pleine de lacets (pas moins de 233 virages sur une si courte distance) et si dangereuse que de nombreux poids lourds finissent leur course au fond des ravins.Donc tout sauf une sinécure, d’autant plus qu’il y a du chômage technique en raison d’interruptions d’approvisionnement et pire encore avec l’arrivée d’une importante bande de camionneurs italiens fascistes qui mettent en place une concurrence aussi déloyale que violente… Un huissier découvre avec ses mots à lui le canal de Panama et les villes de Mexico, Lima ou Iquique… Jacques, un serveur de café, rêve de s’acheter un bateau et de parcourir le monde pour courir l’aventure. Quelques-uns de ses faux amis lui jouent un très mauvais tour en le lançant dans une course au trésor bidon… Le narrateur retrouve à Aubervilliers le père de son vieil ami, Jimmy le menteur, et découvre à quel point celui-ci est un mythomane de la pire espèce… Andréas a exercé des dizaines de métiers. Bon à tout ou bon à rien, il galère pour se faire embaucher. En désespoir de cause, il décide de devenir écrivain… Un comptable s’entiche d’une prostituée et attrape une MST qu’il arrive à soigner. La fille l’entraîne dans des nuits d’ivresse dans tous les coins à la mode du Paris branché… Les Indiens Tungura forment une tribu si primitive qu’ils ne connaissent ni l’argent, ni le salariat, ni aucun des aspects de la vie moderne. Un jour, des Blancs les embauchent pour exploiter une mine. Pour leur permettre d’utiliser l’argent qu’ils gagnent, ils leur proposent de les emmener une fois l’an en ville. Mais sept années s’écoulent et toutes sortes d’impondérables empêchent que ce projet se réalise. Quand les Blancs abandonnent la mine, les Indiens décident d’entreprendre eux-mêmes le fameux voyage…

« La plus grande pente » est un recueil composé de sept nouvelles dans le domaine du voyage et de l’aventure; à vrai dire de six nouvelles et d’une novella vu que la première, au titre éponyme, a presque la taille d’un roman et reste dans la lignée du « Salaire de la peur » ou des « Oreilles dans le dos ». On y retrouve tous les ingrédients des romans de Georges Arnaud : les camions, les mauvais garçons plus ou moins rangés des voitures, la violence, le drame et les grands espaces de l’Amérique du Sud. Il n’en est pas de même pour deux nouvelles qui ont pour cadre Paris et tiennent plus de l’anecdote. « Une heure avec Andréas Aalborg » et « Les nuits d’un chef comptable » sont d’un niveau inférieur aux cinq autres qui rivalisent d’ironie, de cruauté et d’agressivité virile. La préférence du lecteur ira au « Voyage en ville » ne serait-ce que pour la charmante naïveté de ces Indiens Tungara (on sent qu’Arnaud a dû les fréquenter et si ce n’est eux exactement, au moins d’autres qui ne devaient pas en être loin) et pour un essai assez convaincant d’incursion dans un registre différent de l’habituel, celui de l’étrange et du fantastique. Un ensemble à la fois intéressant et dépaysant.

4/5

La plus grande pente (Georges Arnaud)

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