Souvenirs littéraires Léon Daudet
25 janvier 2010 par bruno chauvierre
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Réédition des Souvenirs. Les Cahiers Rouges.
Dans mon édition dédicacée, des signets me conduisent là ou là.
Un signet m’installe au restaurant Weber à la table de Léon Daudet. Plaisir de s’y retrouver en compagnie des deux nègres de Willy. Deux potes : les inséparables Toulet et Curnonsky, alias Curne.
Tous les ans, je descends à Caresse-Cassabers, le village natal de Toulet.
Logement à l’hôtel Tissier . On y vit comme au temps de Toulet.
Je termine mon voyage en déposant des coquillages sur la tombe de Jean-Paul Toulet dans le petit cimetière de Guéthary, à gauche après la grille. Entre deux je m’achète un béret basque à la coopérative sur le port de Saint Jean de Luz.
C’est dire que la réédition des Souvenirs me fait plaisir. Je lis souvent Daudet. Surtout pour le pittoresque d’une époque passionnante.
Sur Jean-Paul Toulet, poète maniant la langue, avec plus de souplesse encore que Mallarmé :
« Nous l’aimions pour son horreur de la foule, des préjugés démocratiques, de la niaiserie diffuse et des gens importants. Un monsieur, dont le nom est une tare, célébrait devant lui l’innocence plus que problématique d’un autre taré : « noblesse oblige » dit Toulet, se levant à demi comme pour saluer. »
On connaît l’un des chefs-d’œuvre de Curne, co-écrit avec Bienstock, dans la collection joyeusetés et facéties : T.S.V.P. Ce recueil d’anecdotes et de bons mots, me fait toujours bicher. Veinard de Daudet qui se tapait la cloche avec lui !…
Sur Curnonsky :
« Curne joint à l’esprit d’observation le don de la cascade des mots et des éblouissants à-peu-près. Cette facilité prodigieuse, renversante… »
Autre signet.
Nous voilà au ballon avec un Daudet découvrant à ses côtés le sens de l’honneur des taulards : « la seule faute impardonnable, et qui mérite, selon la loi de la jungle, le coup de surin ou de « rigolo » mortel, c’est de « donner » le copain aux bourriques ou aux « bourres ». Il s’est pas trop attardé à la Santé, le Daudet. Treize jours après, le 26 juin 1927, les Camelots du roi le font évader.
Les images de Daudet surgissent de signet en signet. Des images fortes et rudes. Rien de musqué, ça pue la sueur, le sang, les parfums puissants. Comme chez Céline, ça vit frénétiquement. Etre venu du fond des âges, homme rayonnant d’audace et de joie.
Mais qui donc aujourd’hui ressemble le plus à Daudet ?
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