Carnets Albert Camus
9 janvier 2010 par bruno chauvierre
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Parmi les belles formules des Carnets : « Oui, j’ai une Patrie, c’est la langue française »
Camus ne s’empétrouille pas dans des stratégies idéologiques dissimuliformes et sournoisoïdes, comme celles qui polluent le débat actuel sur l’identité nationale.
Carnets, belle mosaïque de style d’un artiste qui se modèle au long de sa vie.
Carnets, des « coulisses » selon Roger Quillot. Témoignages de la genèse d’une œuvre, avec des projets abandonnés en cours de route et des rêveries mûrissant les œuvres à venir. La maladie lui a enseigné la valeur du temps ; « Il n’y a pas une minute à perdre, ce qui est peut-être le contraire de se dépêcher » Cette dernière formule évoque le style de Max Jacob, l’un de ses premiers lecteurs. Il faudra bien un jour exploiter la correspondance, jusqu’à maintenant inédite entre Max Jacob et Camus, « un jeune homme d’avenir » disait-il dans une lettre de 1932 à Jean Grenier. Beaucoup ont emprunté à Max Jacob. Camus aussi.
Passages éclairant la trajectoire camusienne : « C’est pourquoi sans doute et jusqu’ici je ne suis pas un romancier au sens où on l’entend. Mais plutôt un artiste qui crée des mythes à la mesure de sa passion et de son angoisse »
Belles pages, semblables à celles des journaux de Stendhal. Traduction de la sensation que les paysages lui procurent. Voyages en Italie ou en Grèce avec l’évocation de la terre natale. Identité méditerranéenne : « Encore dans les ruines entre les collines et la mer. Difficile de m’arracher à ces lieux, les premiers depuis Tipasa où j’ai connu un abandon de l’être »
Des confidences, mais pas de détails intimes. Camus ne proustise pas, il révèle l’univers imaginaire du romancier. Pas d’étalage impudique. Priorité à l’écriture, sa « joie profonde »
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