Terre promise de Stéphane Chasteller

Critique de le 30 septembre 2011

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Littérature Psychologie Roman

 

 

Voilà un roman pas « hype » pour un sou. Le narrateur impersonnel  ne cherche pas du tout à faire vrai ou  actuel en plagiant le langage parlé,  élevé à la dignité de langage littéraire par Céline, en s’obligeant à écrire comme on parle, en recourant à ce mimétisme grossier  qui semble constituer un marqueur de littérature pour des écrivains-professeurs « trendy »  qui n’ont pas compris que l’académisme aujourd’hui, c’est vouloir écrire comme Céline ; Stéphane Chasteller  écrit classique, et paraît négliger les affèteries, pas de « Mon père il (sic)  me garde un peu en juillet à remuer les bottes de paille » (Le Dos crawlé, Eric Fottorino) ni de « Ce qu’il y à l’intérieur.  À l’intérieur d’une noix. » (Clèves, Marie Darrieussecq) ; de surcroit,  le narrateur de Terre promise ne tente pas d’être impartial en multipliant les points de vue narratifs,  en cédant  la conduite du récit à ses personnages comme dans les romans américains de l’entre-deux-guerres (qui reste le code narratif de référence pour la critique qui se croit d’avant-garde)  ou  en faisant semblant de ne pas savoir les tenants et les aboutissants de l’histoire qu’il raconte  (pas de jeu  du narrateur sur l’incertitude  des faits qu’il  énonce comme par exemple de la première phrase du nouveau roman de Véronique Ovaldé « On peut considérer que ce fut grâce à son mari que Madame Izarra rencontra le lieutenant Taïbo. » (Des vies d’oiseaux)) ;

En tous cas, cette histoire m’a d’autant plus touché qu’à aucun moment le narrateur ne joue sur la grosse corde des bons sentiments  ; mais elle peut laisser froid le lecteur qui a besoin d’être préparé à l’émotion par de longues jérémiades, qui a besoin de voir un homme ému pour l’être à son tour, qui ne peut l’être que par contagion.  Ce lecteur, qu’on ne remue que par l’excès du pathos, pourrait même accuser l’auteur d’être insensible s’il n’est pas attentif à l’art de la litote, et au jeu de l’implicite. Et bien tant pis pour lui. Il est des plaisirs qui ne sont goûtés que par les connaisseurs…

Pour lire quelques extraits, cliquer sur ce lien :

http://stephanechasteller-un.blogspot.com/

Le résumé du livre d’après la quatrième de couverture :

« Un homme, Solénoir, trentenaire, promenant un cœur plein dans un monde vide, croise la route de trois femmes, chacune à la recherche d’un je-ne-sais-quoi qui semble introuvable. Il rencontre tour à tour : Louise, sévère lolita, dont il s’amourache d’autant plus qu’elle lui résiste ; Marina, grande romantique devant l’éternel, possessive et indépendante, qui s’entiche de lui mais sans pouvoir se résoudre à enterrer sa vie de célibataire… ; et aussi Juliette, adepte de bondage SM, qui lui propose d’être le maître de sa vie s’il consent à agréer la charte de ses désirs… »

Terre promise de Stéphane Chasteller

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