Serge Doubrovsky, Un homme de passage

12 juin 2011 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (37 votes, moyenne: 4,62 / 5)
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Littérature Psychologie Roman

Ah ces français !… tous des chauds de la pince !… A Manhattan des aéropages de vieilles guenons guettent le moindre signe de harcèlement sexuel de ce french lover, professeur de littérature française à l’Université, toujours DE PASSAGE entre New-York et Paris où il enseigne aussi. L’âge de la retraite arrivant le prof déménage, fait ses cartons. Sa vie grouille dans ce tas de vieux papiers et il la raconte sans pudeur. Des histoires à la hauteur de sa réputation de pervers. En 1989, il envoie à sa femme alcoolique un recueil intitulé « Beuveries » l’incitant tellement à boire qu’elle succombe à une surdose d’alcool avec 7 grammes dans le sang.

En littérature le vieux prof n’est pas n’importe qui. Serge Doubrovsky est l’inventeur du mot « autofiction ». A 83 ans il continue de prolonger avec le langage de son époque, l’autobiographie de Rousseau dans ses Confessions. Nombrilisme ? Moi-moïsme ? Pas forcément. Quand on écrit sur soi, on écrit aussi sur les autres. Les autofictionneuses l’ont bien compris, elles qui à sa suite s’assument maintenant dans leur désir. Catherine Millet se raconte dans ses partouzes et Virginie Despentes dans ses passes immortalisées dans « Baise-moi »

Doubrovsky se laisse guider par les morceaux de mémoire attachés à chaque objet, réinventant après coup des souvenirs réels. La matière est autobiographique et la manière fictionnelle.

En faisant ses malles ses vieux cours lui sautent à la figure, lui assénant des coups de vie pas toujours glorieux. Très vite l’appartement est envahi de fantômes qui reviennent le hanter, des étudiantes comme Suzan « un tendron qui devait avoir 23 ou 24 ans j’insiste, on s’est déshabillés prof étudiantes, courant à l’époque, tombé en Amérique en pleine libération, sexplosion, on s’entrebaisait à tire-larigot » (page 60) Le vieux prof se rappelle qu’il avait alors 42 ans et qu’un « aéropage de vieilles guenons » le mettait en garde à chaque rentrée contre toute tentative de harcèlement sexuel.

Entre les souvenirs de deux coucheries il pense avec innocence à sa famille, à ses filles « et puis merde, trop de cafard familial qui me revient, heureusement, j’ai mes histoires de fesses à caresser, là sur le haut du fauteuil, comment elle a grimpé jusqu’en haut, ses jambes son corps repliés comme suspendus en l’air, moi assis sur le petit divan, la belle Belge, Gilberte, quand, sais plus, peu importe… » (page65)

Et oui, il dit tout Doubrovsky !…

Souvenir des flèches de Céline, meuf chaudasse, décue des performances du vieux : « tu as un an de plus que mon grand-père » flash-back décevants ou excitants comme l’histoire de son étudiante Anna qui gagnait sa vie en fouettant des masochistes dans un petit hôtel de la 23 ème rue.
Principal regret exprimé « J’aurai passé cinquante ans ici, sans toucher une asiatique » (P 33)

Maintenant Doubrovsky vit à Paris avec Elisabeth de 40 ans sa cadette. Il dit ne plus bander et avoir le plaisir de découvrir l’amour sans le sexe

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