Romand Ier

Critique de le 28 octobre 2017

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Roman

Mon père, ma mère et Sheila.
Plongée en France, dans les années 1970-80, lorsqu’Eric était un petit garçon solitaire qui aimait beaucoup ses grands-parents. Il aimait aussi sa maman mais beaucoup moins son père. Et il aimait surtout Sheila. Love me baby. Un monde à paillettes, un monde sourire qui lui tendait les bras derrière la petite lucarne. Un monde pour rêver. Pour s’échapper. Échapper au père surtout. Fuir un milieu que l’on sent trop étriqué, trop peu ouvert et trop violent pour le petit Eric qui se cherche. Portrait d’une époque aussi. Celle où l’on buvait dans les verres à moutarde Amora, où Podium existait encore et où les Renault 12 étaient légion sur les routes. Une époque que je n’ai pas connue mais que j’imagine. Et en toile de fond, toujours ce contraste entre ce monde grisâtre et celui de la chanteuse à paillettes. On prend le petit garçon par la main et on l’écoute nous raconter, par petites bribes souvent sans lien les unes avec les autres mais ô combien complémentaires, son évolution. Ces brefs extraits qui constituent le puzzle de son enfance, de son adolescence.

Malgré des parents défaillants -cette histoire d’un modèle parental à ne pas suivre, de ce couple qui n’a pas fonctionné- et la souffrance palpable chez chacun des personnages, Eric poursuit la quête du soi et y parvient avec justesse. Pour faire sa thérapie, Eric Romand a recourt à de nombreuses phrases prononcées par ses proches ; des phrases un peu typiques dans lesquelles on retrouve tous quelqu’un que l’on a connu ou que l’on connait. Et un petit goût d’Arnaud Fleurent-Didier aussi. Comment c’était mai 68 me trotte en tête. Et toujours cet amour pour la ‘chanteuse à pédé’ qui ne doit pas se dire. La honte de l’aimer et d’aimer les garçons. Des amours qui doivent restées cachées. Cette relation-souffrance avec le père, tant d’indifférence qui blesse et pourtant une forme de délicatesse qui émeut, au moment de sa mort.

Mon père, ma mère et Sheila, c’est aussi, et surtout bien sûr l’histoire d’une révélation sexuelle et l’acceptation finale par la mère de ‘ce qui dérange’. Probablement là la clé pour Eric. Ce bonheur trouvé qui ouvre son roman autobiographique et le ferme. Apaisement.

Premier Romand très réussi!

Détails sur Romand Ier

Auteur : Eric Romand

Editeur : Stock

Romand Ier

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