Mourir en août (Jean-Baptiste Ferrero)

2 janvier 2016 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (2 votes, moyenne: 4,50 / 5)
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indexAncien universitaire devenu détective et conseiller pour les entreprises, Thomas Fiera est contacté par un inconnu qui lui recommande de refuser toute enquête sur la société MC4 qui pourrait lui être proposée par un ami. Quelques minutes plus tard, il reçoit un appel de son ami Fabrice Pontecorvo qui lui propose justement de s’intéresser à une histoire de cadre de la MC4 qui balancerait toutes sortes de révélations gênantes à un journal local. Bien doté en matière d’esprit de contradiction et très motivé par un compte en banque dans le rouge, Fiera, en bon « paratonnerre à emmerdements » qu’il est, accepte une mission qui va l’amener à se confronter à une fausse secte druidique, vraie mafia néo-nazie assez peu philanthropique. Mais heureusement pour lui, il pourra compter sur l’appui d’une équipe de marginaux tout ce qu’il y a de motivée.

« Mourir en août » est un roman noir et même très noir où les morts s’accumulent autant sinon plus que dans les meilleurs thrillers américains. Il faut dire que Thomas Fiera et sa fine équipe de pirates décarpilleurs n’y vont pas par quatre chemins ! Les « faux druides, vrais fachos, authentiques tarés » et autres « ramollis du bulbe » n’ont qu’à bien se tenir ! Le temps d’une lecture qui se pratique au galop (impossible de lâcher le bouquin…), ils sont réduits en bouillie, éclatés, dégommés, quasiment transformés en pâtée pour chats. L’intérêt de ce polar fort divertissant ne tient pas trop à son intrigue plutôt basique et reposant sur « un malentendu, un incident, un carambolage » mais plutôt au style particulier de l’auteur, émule des très grands et très regrettés Boudard, Audiard et Dard. Même gouaille, même truculence, même ton décalé, même humour (très noir) et même maîtrise de l’argot et des expressions imagées voire choquantes (parfois un peu scato…) Et que dire de la galerie de personnages improbables voire caricaturaux sans déflorer cette histoire totalement ébouriffante ? Le plus représentatif en est le héros, Thomas Fiera, (avatar de l’auteur ?), maniaco-dépressif aussi pleurnichard qu’arrogant, à la fois déplaisant car hyper violent et bardé de certitudes et en même temps émouvant car fragile psychologiquement, attaché à jamais à une femme qui n’en finit pas de mourir et capable de bosser pour la gloire et les grands principes. Plus pétri d’humanité que ça, tu meurs ! Allez, il faut lire Fiera pour Ferrero à moins que ce ne soit Ferrero pour Fiera. Dans quelque sens qu’on le prenne, on ne regrettera pas le détour !

4,5/5

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