« Lignes de fuite », de Val McDermid

Critique de le 6 avril 2015

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Roman

Lignes de fuiteJe découvre cette auteure écossaise avec ce titre, bien qu’elle soit à l’origine d’environ 25 best-sellers. Je dois admettre que ce que j’ai pu distinguer de son style m’a assez séduit. Fluide, clair, fouillé, avec des personnages au caractère soigné, détaillés et bien présents.

Néanmoins, j’ai décelé quelques soucis quant au rythme, en tous les cas en ce qui me concerne, bien entendu.

L’auteure de ce thriller, citoyenne d’Edimbourg, imprime sur le papier une introduction qui nous propulse dans son récit avec rapidité et efficacité. Nous sommes dans le secteur des contrôles de sécurité d’un grand aéroport américain. Un enfant se fait enlever sous les yeux de sa mère, impuissante, par un homme portant l’uniforme de la sécurité. L’homme quitte tranquillement les lieux avec l’enfant, main dans la main, utilisant la foule comme échappatoire.

C’est parti, nous sommes déjà bien tendus!

Soit dit en passant, je ne sais pas si l’écossaise Val McDermid voue un grand amour pour les Etats-Unis. La manière qu’elle utilise, avec insistance, pour qualifier le piètre travail de la prodigieuse sécurité de ce pays parano est assez révélatrice. Heureusement que le ridicule de tue pas. En définitive, trop de sécurité ne fournit finalement que très peu de sécurité.

Les extrêmes ne sont jamais très efficaces, paraît-il.

Second constat: l’auteure doit ressentir une aversion assez poussée vis à vis du sexe opposé. Si je fais un bilan général de ce roman, je trouve qu’elle est très insistante sur le fait que l’homme est un prédateur en puissance, sans scrupule, et la femme un être née victime. Bon, cela ne reste qu’une impression car, finalement, la femme dans cette histoire n’endossera pas que le beau rôle.

Bref. La maman du petit garçon, Stéphanie Harker, citoyenne britannique, va être entendue par une agente du FBI, rattachée à l’aéroport, pour établir les faits. C’est dans le passé que nous devrons nous rendre pour avoir une petite chance de retrouver cet enfant de 5 ans. Et dans ce passé, nous allons effectivement y aller.

Par cet entretien entre la mère et l’agent Vivian McKuras, une jeune femme ambitieuse et suspicieuse, l’auteure nous projette plus de 5 ans en arrière, peu avant la naissance du petit.

Stéphanie Harker est une nègre, c’est à dire qu’elle écrit, dans l’ombre, l’autobiographie de stars, grandes stars, ou même pseudo stars; ces dernières étant les participants des télé-réalités.

C’est dans ce monde-là, pathétique, superficiel, faux, ridicule et peu honnête, que nous allons débuter. Stéphanie Harker a été mandatée par une jeune femme, ancienne star de télé-réalité britannique, pour mettre sur pied un ouvrage expliquant la vie de cette fille pathétique, « nunuche », idiote, méprisante, calculatrice, mais aussi très maligne et manipulatrice.

Les personnes ne sont pas toujours celles que nous croyons, et cela risque de bien être le cas ici.

Pas mal d’infos vont nous être transmises en grattant dans ce passé relativement imparfait et pas si simple, notamment le fait que le petit garçon enlevé sous les yeux de Stéphanie dans l’aéroport était en fait celui de l’ancienne star. La situation va devenir de plus en plus complexe, Stéphanie devenant de plus en plus impliquée.

Deux sujets très bien expliqués et détaillés par l’auteure m’ont interpellé et finalement bien intéressé dans ce thriller. Le premier est l’univers de la télé-réalité. Intéressant de voir quels parcours prennent certains de ces candidats pour « faire quelque chose » de leur vie, pour être connus et surtout reconnus. Voir aussi comment ils utilisent ce système, ce support médiatique pour tromper, manipuler et biaiser l’opinion publique; tout un art!

Le deuxième sujet est le travail de nègre. La subtilité, la sensibilité, la diplomatie ou encore la finesse qu’il faut avoir en soi pour faire ce job sont des aspects surprenants. Une certaine psychologie aussi, une acuité bien aiguisée, gagner la confiance de l’autre et surtout être doté d’une grande capacité à accepter d’oeuvrer dans l’ombre, et ainsi rester humble, sont encore d’autre qualités qu’il faudrait avoir pour exécuter ce travail ingrat.

Peut-être aussi le fait de savoir maîtriser les infos parfois très sensibles de son client et surtout de vivre avec ça.

Après, en ce qui concerne le rythme, je dois dire que ça devient un peu longuet vers les 3/4 du récit. J’ai ressenti de l’ennui car l’intrigue traîne en longueur, peine à avancer; bref, on stagne. Dans ces moments-là, je prie pour que l’auteure m’entende, monte le régime et redonne un rythme.

Ok, le final est sympa, pas surprenant, mais intéressant. Je m’y attendais un peu, quand-même…

Bonne lecture.

« Lignes de fuite », de Val McDermid

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