« LE JEU, niveau 1: oserez-vous entrer? », de Anders de la Motte

30 juin 2014 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (1 votes, moyenne: 4,00 / 5)
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le jeu niveau 1Au premier abord, mon sentiment était assez négatif face à ce thriller qui utilise comme trame le jeu, l’embarquement d’un joueur dans un monde virtuel/réel qui va sans doute le détruire – ou pas! – à petit feu. Du déjà vu mille fois, allant du très bon au terriblement lassant, mauvais et ennuyeux.

Ce thriller-là, et bien oui, je le classerai définitivement dans les bons. Je vous explique pourquoi, mais d’abord je vous parle un peu de l’histoire.

Stockholm, Suède. Henrik Pettersson – HP pour les proches -, petit looser, petit délinquant à la sauvette, tombe un beau matin sur un téléphone portable oublié dans le métro par son propriétaire. Cela peut toujours rapporter, et comme le boulot ce n’est pas trop ça ces temps-ci, il l’embarque. Cet appareil qui semble relativement High Tech déstabilisera un peu notre homme, surtout lorsque ce message apparaîtra sur l’écran:

« Tu veux jouer Henrik Pettersson? »

Imaginant qu’il s’agit d’une bonne blague d’un de ses potes, il acceptera de rentrer dans le jeu. La première épreuve va s’avérer être assez basique, fort peu coriace pour ce spécialiste de l’entourloupe, histoire de mettre notre nouveau joueur en confiance. Il s’agira d’effectuer un petit vol dans un wagon, avec webcam embarquée.

Pettersson va rapidement se familiariser avec les règles qui lui seront dictées par le biais de son nouveau joujou. D’abord assez mitigé, la curiosité et l’appât du gain va tout de même prendre le dessus et susciter un grand intérêt. Il va complètement se prendre au jeu – justement – après avoir aperçu que sur un site web une grande quantité de joueurs étaient en compétition. Visiblement, il y aurait même un classement, le « Maître de ce jeu » posterait les vidéos des joueurs pour établir ce fameux classement. Relativement malsain…

Et bien entendu, un public semblerait être omniprésent sur cette page pour encourager et ovationner ce petit monde!

Pour HP, c’est l’adrénaline qui lui montera au cerveau, tel un liquide à haute pression circulant dans un tuyau trop petit. Il veut prouver, montrer, être reconnu? Néanmoins, chercher un signe d’appartenance qui semblerait méchamment lui faire défaut. Par contre la suite va s’avérer être nettement plus complexe et un peu plus dangereux pour lui.

En acceptant de jouer, respectivement en suivant les instructions, Pettersson va se rendre complice – ou carrément auteur! – de divers incidents non négligeables. Ce qui est assez intéressant, c’est que le choix lui est toujours laissé, en tout cas au début. Mais paradoxalement, le choix qui lui est proposé restera extrêmement restreint étant donné qu’il se sentira boosté à mort. Les choix proposés deviendront désormais dérisoires et c’est cet aspect-là qui est assez subtile dans cette histoire.

Ce jeu qui nous est présenté va nous apparaître sous une forme subtile et minutieuse. Les missions effectuées par les joueurs vont prendre tout leur sens et ainsi constituer un plan d’une assez grande envergure. Chaque pièce du puzzle sera mise à sa place par de nombreuses mains totalement indépendantes l’une de l’autre.

Nous rencontrons également Rebecca Normén, la trentaine, spécialiste dans la protection rapprochée, notamment auprès de la sphère politique. Cette femme flic déterminée et ambitieuse demeurera assez discrète et effacée. D’emblée, le lecteur cédera à son charme assez révélateur, un charme maintenu par le côté intriguant de cette femme qui ne laissera rien transparaître, qui ne se livrera pas facilement.

Nous allons évidemment découvrir quel est le lien qui relie Pettersson et cette femme. Nous allons être témoin d’une vieille tragédie familiale qui sera divulguée au compte-gouttes pour ensuite prendre davantage d’importance. Le passé ne reste que rarement en place lorsqu’il a secoué pas mal de monde à l’époque…

Pas besoin de se munir d’un tensiomètre pour vérifier si le courant passe; c’est du courant fort qui traverse les pages et qui les fait tourner à grande vitesse! C’est constant, cela ne descend que très rarement, l’aiguille a plutôt tendance à percuter vers le haut, et ceci depuis le début de l’histoire. Pour un premier roman, cet auteur scandinave a rapidement su maîtriser le rythme d’un thriller.

Intéressant comme l’auteur nous dépeint un homme prêt à tout pour plaire, pour montrer ce qu’il est – ou voudrait être -, pour prouver au monde qu’il existe, mais aussi pour se satisfaire, à la limite de la jouissance totale. Non, je pense même que cette limite est largement atteinte.

Intéressant également de s’apercevoir à quel point l’homme semble avoir besoin de reconnaissance, de se retrouver au sein d’une communauté qui l’admire et qui l’encourage, au dépend même de sa propre intégrité.

Pour moi, le plus grand intérêt dans cette histoire est de savoir si l’homme dont nous parlons cédera ou non aux pressions, aux manipulations qui lui arrivent dans la gueule, même après s’être rendu compte qu’il s’agit probablement d’un piège vicieux.

L’auteur place une trame diabolique qui nous démontre comment nous pouvons facilement manipuler un être, soit mettre en place un pion, le rendre dangereux et déterminé dans ses actions, pour pouvoir l’utiliser dans diverses manœuvres, ceci en jouant sur son ego, son estime de soi, en fonction de son caractère et de sa personnalité. Bien connaître le sujet pour bien le maîtriser, le manipuler et l’utiliser.

Au final, ce qui doit se passer se produira, mais pas forcément dans la direction que l’on pourrait s’attendre. C’est très vague je sais, mais je ne vais pas non plus vous réécrire l’histoire!

Bonne lecture.

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