La dernière terre / L’enfant merehdian (Magali Villeneuve)

3 mars 2014 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (Pas encore d'évaluation)
Loading...

Critique lue : 659 fois


La dernière terre 1Partis explorer les confins de la Dernière Terre, lieux aussi désertiques, sauvages et inhospitaliers qu’il se puisse imaginer, Akil et ses trois compagnons d’infortune sont si épuisés et si affamés qu’ils ne peuvent plus mettre un pied devant l’autre et se laissent tomber au sol, attendant la mort… A Tileh Agrevina, capitale et principale place forte du Pays Agrevin, se prépare la Grande Relève, importante cérémonie organisée chaque printemps, rassemblant les quatre peuples alliés, Agrevins, Endérins, Gamarides et Tilhians. Il s’agit de procéder au passage en revue des troupes et à la présentation des nouvelles recrues destinées à rejoindre les rangs des prestigieux Arpenteurs. Parmi ceux-ci, Ghent et Esaïg, Agrevins de haut lignage et Cahir, simple Giddir, donc issu d’une peuplade rejetée et méprisée. Cahir n’a sa place ni à Tileh Agrevina ni parmi les Arpenteurs dont la mission est de veiller sur les remparts et d’interdire tout accès à un éventuel intrus. D’où vient-il ? Quel sera son destin ?

Ce premier tome de la saga de fantaisie « La Dernière Terre » ne brille ni par son rythme ni par son originalité en dépit d’une couverture somptueuse et d’un travail éditorial de toute beauté. L’éditeur, « L’homme sans nom », a même poussé le luxe jusqu’à offrir en bonus une petite brochure intitulée « Visions de la Dernière Terre » où neuf artistes, dont Magali Villeneuve et Alexandre Dainche, les deux auteurs, graphistes de tout premier plan, proposent de forts alléchantes illustrations de cet univers. Tout cela est très accrocheur et très vendeur. Dommage que cela ne corresponde que de loin à ce que propose vraiment ce livre lent et un peu ennuyeux. C’est qu’il ne se passe pas grand chose, tout au long de ces 464 pages descriptives et répétitives qui auraient gagné à être réduites à une petite centaine. Il faut déjà attendre 150 pages pour qu’un semblant d’action se dessine puis une centaine de plus pour que l’unique événement (que l’on ne déflorera pas) se produise et pour terminer sur une fin ouverte. Il s’agit de « fidéliser » le lecteur pour qu’il « s’abonne » et pour que la machine éditoriale tire le plus de profit possible ! Dans le cas présent, l’affaire n’est pas gagnée car il y a également à redire au niveau du style. Mme Villeneuve l’a semble-t-il voulu élégant et sophistiqué grâce à un emploi important de termes recherchés et de tournures de phrases qu’elle croit précieuses et qui ne sont souvent qu’alambiquées voire filandreuses. Pire, on relève au passage quelques barbarismes ou néologismes (hautainerie, nitescent ou chigner), des anglicismes indigestes (comme sentence pour phrase) sans parler des erreurs de conjugaison (si elle aurait…) ou de syntaxe (atermoyer le moment… dur avec un verbe intransitif !). A trop vouloir épater, on ne fait que fâcher les amoureux du beau langage. Nul doute cependant qu’un tel ouvrage puisse plaire aux aficionados du genre qui se laisseront séduire par le décor. Rendez-vous dans le tome 2 pour voir si on passe enfin à la vitesse supérieure, c’est à dire à une vraie histoire bien écrite.

2,5/5

Laisser un commentaire