ALIBIS
3 février 2010 par Michel
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Il existe des évènements qu’il ne faut pas rater, une sortie d’un auteur oublié, une critique de Norbert Spehner sur le dernier polar sorti en kiosque comme celle de l’effort d’une équipe de branques, amoureux des mots et du genre.
C’est le cas de l’équipe de la revue ALIBIS n°33. Ils ne sont pas tendres pourtant. Rappelons-nous leurs zéros pointés de nombre de sorties de Thrillers ou de Polars, comme leurs enquêtes qui font références dans le genre dans toute la francophonie. Dix ans qu’ils nous offrent les analyses trimestrielles et qu’ils nous dénichent un auteur nouveau ou un grand qui leur offre une nouvelle.
C’est le cas cette fois-ci.
Nous y trouvons deux enquêtes poussées, l’une sur le polar médiéval qui m’a enchanté, l’autre sur le théâtre M&M, Meurtres et Mystères, qui m’a, je l’avoue, ennuyé, n’étant pas un fervent du genre, mais qui ravira les curieux.
Quant aux nouvelles, je suis impressionné par leur niveau et j’ai éprouvé un peu de mal à émettre une notation critique. Le tout est d’un niveau inégalé.
En premier, bien entendu, je ne suis plus objectif depuis son dernier « Dossier Déïsis », Patrick de Friberg avec « Le Représentant » nous permet en une vingtaine de pages, de sentir, vivre, comprendre l’ambiance de Berlin juste avant la chute du Mur. On a dans le nez l’odeur du charbon et de la graisse de Kalachnikov, on ressent l’amertume de la pauvreté d’un peuple asservi qui cherche à s’émanciper. On perçoit, c’est le sujet apparent de ce merveilleux petit roman, que le KGB avait déjà tout préparé pour la suite… Pour nous, trop jeunes pour avoir connu ce monde-là, on en sort différent, avec une impression que le gris de l’Est est un de ces smogs qui aurait permis un Jack l’Éventreur de se sentir chez lui avec une faucille et un marteau marquant sa casquette, un lieu idéal pour le naufrage du monde communiste, un univers parallèle propice aux espions de Patrick de Friberg. Allez, c’est un 10/10. Je prescris de relire ce passage de la traversée de Check Point Charly avant toute lecture d’un roman d’espionnage.
En deuxième à égalité avec la suivante, la nouvelle d’Alexandre Babeanu, « dans l’antre du dragon », est une plongée dans la Première Guerre mondiale, directement dans une tranchée. Alibis nous déniche un grand écrivain, vous n’en sortirez, non plus, pas indemne.
André Marois, pour son « Créativité létale », nous rappelle que l’ironie est une arme et qu’il faut se méfier d’un cocu dont le métier est l’assassinat. J’ai souri de ce besoin de garder un budget de vingt dollars pour tuer, parce que la cible n’en vaut pas plus. J’ai moins aimé la construction, mais préféré la langue à la précédente. Je les note tous les deux par un difficile 8/10.
Je ne vous parle pas de la nouvelle de l’éditeur, Jean Pettigrew. C’est un scénario pour une pièce de M&M. Après deux paragraphes, j’ai abandonné. Vraiment pas au niveau de ses trois autres invités, elle a un peu fait pâlir ma gourmandise.
Allez, si on n’est pas un fidèle abonné, on file se le procurer, ce numéro hiver 2010 d’Alibis, dans les bonnes librairies ou sur le Net : http://www.revue-alibis.com.
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Tags: Alexandre Babeanu Alibis André Marois patrick de friberg
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