Le bataillon créole (Raphaël Confiant)

Critique de le 16 mars 2014

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Histoire Roman

le bataillon créoleA l’été 1914, des militaires venus de Métropole débarquent en Martinique pour enrôler de jeunes hommes jusque là non soumis aux obligations du service militaire. Dans un grand élan patriotique, ils se pressent nombreux pour aller défendre leur mère-patrie qu’ils appellent « Là-bas », sans bien se rendre compte de ce qui les attend. Théodore, le fils de Man Hortense, coupeur de canne émérite, n’en reviendra pas, tué qu’il sera pendant la bataille de la Marne. Lucien, le frère jumeau de Lucianise, se retrouvera dans l’enfer de Verdun, d’autres dans celui presque aussi horrible des Dardanelles, face aux Turcs, alliés des Allemands. Quant à Rémilien, fait prisonnier, il sera fort mal traité dans un camp allemand. Très peu reviendront aux Antilles. La plupart seront estropiés, mutilés ou gueules cassées. Au bout du compte, la Martinique aura payé au prix du sang versé son attachement à la France.

« Le bataillon créole » n’est pas vraiment un roman historique et encore moins une enquête historique (trop de petits faits contestables pourraient faire tiquer les historiens sérieux), mais plutôt une réflexion sociologique, politique voire poétique sur un événement tragique qui marqua le début de l’autre siècle jusque dans les départements d’outre-mer. Raphaël Constant rend parfaitement l’ambiance qui régnait dans l’île à l’époque, nous dépeint tout un petit peuple de travailleurs, de paysans, de mères ou de soeurs Courage, exploités par d’horribles Békés qui eux, se gardent bien d’envoyer leurs enfants se battre dans les tranchées. Par contre, la réalité de la guerre de 14 vécue par ce bataillon créole est plus suggérée que véritablement décrite. L’auteur contourne la difficulté en citant des extraits de correspondances (sans doute imaginaires) de poilus martiniquais. Il ne respecte pas la chronologie, passe d’un personnage à l’autre, ce qui donne une impression de fouillis et oblige le lecteur à un certain effort pour s’y retrouver dans les différents destins. Sans parler de la langue truffée de mots, expressions et même phrases créoles (heureusement traduites) qui surprend par sa truculence, son emphase, sa créativité et qui entraine le lecteur dans une sorte de tourbillon verbal digne d’un conteur poète. Un ensemble intéressant et agréable à lire même si on peut reprocher un certain manichéisme et quelques positions trop tranchées.

Le bataillon créole (Raphaël Confiant)

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