La jaune (Jean-Pierre Fontana)

Critique de le 27 octobre 2013

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Fantastique, horreur Littérature

la jauneDans une ville inconnue et à une époque indéterminée, une catastrophe écologique se produit sans crier gare. Un gaz mortel, « la Jaune » se répand insidieusement dans les rues, désorganisant toute la vie de la cité et déclenchant une panique généralisée. Le population éperdue tente de fuir en voiture, occasionnant des embouteillages inextricables. Prisonniers de leurs véhicules, les automobilistes deviennent des proies rêvées pour toutes sortes de voyous qui se transforment en bandits de grands chemins des temps modernes. Gino, Rosé, Jordan, Paulo, Mouche, Raoul et quelques autres sont de ceux-là. Ils prennent un malin plaisir à torturer, piller, violer et tuer. Pendant ce temps, deux jeunes gens, Elisabeth et Boo font connaissance et tentent de sauver leur peau en se réfugiant sur les toits alors que les fumées délétères montent inexorablement. Parviendront-ils à se réfugier au sommet des tours de la cathédrale, point le plus élevé de la ville et dernier espoir de salut ?

Récemment réédité chez Armada après une première parution au Fleuve Noir dans les années 80, « La Jaune » est un roman d’anticipation et de terreur particulièrement bien mené. Tout comme cet étrange gaz, la peur y est distillée insidieusement mais inexorablement, à jets continus, par paliers et même crescendo vers la fin. D’une simplicité quasi biblique, l’intrigue n’en demeure pas moins d’une efficacité diabolique. Le propos relève du conte philosophique et presque de la parabole dans la mesure où Fontana, prenant le parti pris de ne rien expliquer, de s’extraire du circonstanciel et de ne s’en tenir qu’aux faits bruts, en arrive très vite au général, à l’universel et presque au poétique. Qu’un grain de sable grippe la belle machine et notre monde si civilisé et si policé se transforme en quelques heures en une monstrueuse jungle urbaine où toute pitié, solidarité, humanité disparaissent à jamais au profit de la barbarie la plus sordide. Dans quels abimes d’amères réflexions peut nous plonger cette histoire aussi simple que terrifiante, aussi implacable que tristement vraisemblable ? Inutile d’en rajouter sur la qualité évidente du style de Fontana (voir « Souvenirs de demain »). Le lecteur imagine également quel profit le cinéma pourrait tirer d’une histoire aussi haletante et aussi réussie… Seul petit bémol : quelques coquilles entachent le bel ouvrage. Ainsi Boo s’appelle-t-il de temps en temps Bao et Line se transforme-t-elle parfois en Aline sans que le lecteur comprenne pourquoi…

4,5/5

La jaune (Jean-Pierre Fontana)

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