Musico-philia – Oliver Sacks

12 décembre 2010 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (55 votes, moyenne: 1,95 / 5)
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A propos de la lecture de Musico-philia D’Oliver Sacks
20072010

j’écris dans cette croyance naïve que les premières impressions ressenties valent plus qu’une lecture académique, ….alors que l’auteur puisse entendre sa lectrice loin du “sens de la mesure”, entendre ce qui s’improvise de façon arythmique, dans une harmonie atonale mouvante en lien avec l’invention imprévisible où se fond (fusion et fondation) une autre logique à celle des processus cognitifs

la lecture d’un livre comme tout objet plongé dans un milieu, ressort transformé ,différent de son état initial…il ne sera jamais objectif, mais affectif. C’est pour cela que le commentaire d’un livre n’a d’intérêt qu’en tant que le lien humain, rencontre avec l’auteur,permettant d’intérioriser sa mélodie kinétique, source de pulsation de vie.

Oliver Sacks, part d’une observation banale: alors que le langage, le mouvement, fait partie de toute exploration sérieuse des processus neuro-physiologiques normaux ou pathologiques, le champ musical, est un domaine dont la potentialité à la fois diagnostique et thérapeutique n’a jamais été explorée scientifiquement. Nous n’oublions pas pour autant l’abord des philosophes – Nietsche comme référence princeps…mais les médecins rivés sur leur positivisme, voir sur leur position n’écoutent que d’une oreille distraite un discours où la musique serait une référence diagnostique, ou un élément important après une atteinte cérébrale accidentelle ou en lien avec une pathologie: épilepsie, A.V.C, tumeur.

Que le Bestein paternel d’Oliver Sacks fut présent dans ce long travail de recherche,… je laisse à l’auteur la parole, mais je crois ayant eu la chance de connaître moi-même cette merveilleuse sonorité du Bechstein en écoutant Pierre Tran (lire son ouvrage: le moi intime du piano), que je ne peux ne pas associer (subjectivement) les premières expériences sensorielles  l’impulsion d’une trajectoire de vie et de recherche.

Ce livre arrive dans ma vie, juste après un long chemin en Feldenkrais, et il me semble être en complémentarité , avec la notion d’Apprentissage développée par Feldenkrais, car en étant dans l’attention au problème somatique des musiciens – (yehudi Menuhin entre autre) – Feldenkrais avait conscience je crois, de l’importance vitale de la musique, de la pratique musicale, comme lieu unique d’apprentissage venant se connecter , et permettre le déblocage de situations d’apprentissages cognitives ou fonctionnelles.

C’est ce concept d’Apprentissage qui me paraît le lien entre les deux champs disciplinaires: Apprentissage définit en tant que dés/apprentissage, déconditionnement des conduites létales, et nouvelles voies d’entrée en mouvement  permettant la reconnexion d’autres circuits neuronaux. Cette question, (voir P 332) est développée , mais reste une question remplie de perplexité chez Oliver Sacks… mais peut-être ne connait-il pas l’oeuvre de Feldenkrais, j e cite Oliver:

“Dans la mesure même où une sorte d’apprentissage pervers est sous-jacente à la genèse de la dystonie focale, seul un désapprentissage massif peut permettre à un nouvel apprentissage plus sain de se mettre en place une fois que les cartes du cortex sensoriel ont commencé à se détériorer; or, comme tous les enseignants et les entraîneurs le savent, rien n’est plus difficile de désapprendre quelque chose – c’est parfois impossible.”

Alors il faut accepter que seul l’approche complémentariste permet quelque fois de sauter l’obstacle, ainsi pour le grand pianiste Léon Fleischer, le rolfing associé au botox lui permit de se reproduire à Carnegie Hall malgré sa dystonie….et de venir faire résonner “des notes insupportablement belles” sur le Bestein d’Oliver.

Je me suis laissée absorber par ce chapitre au détriment des autres, mais tous portent sur une recherche en lien avec un processus de destruction, où la musique vient de façon intrusive, totalement imprévisible, brouiller les cartes du savoir, en révélant des intrications neuronales insoupçonnées , et en blanc et noir, montrer que les aptitudes musicales , comme les inaptitudes sont en lien avec des processus, dans des zones cérébrales renversantes jusqu’à pourvoir se répèrer dans le tronc cérébral, la zone la plus archaïque et à la fois la plus vitale de l’humain.

“Musico- philia” est message d’amour et de re/ connaissance écrit patiemment, pour ceux dont un jour la vie a basculé dramatiquement , patients dont l’écoute attentive et affective lui a permis d’ouvrir ce champ de recherche jamais exploré.

je vous propose la lecture d’un excellent papier de Frederic Joignot , en complément de ma lecture faite dans la précipitation.

fredericjoignot.blog.lemonde.fr/…/oliver-sacks-et-la-neurologie-existentielle/ –

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