Gérard de Nerval (Gérard Cogez)

Critique de le 5 novembre 2013

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Essais

Ce « Gérard de Nerval » se présente, sans aucun doute, comme une des biographies les plus complètes et les plus précises du grand poète du XIXème siècle mort pendu une nuit glaciale de janvier 1855 à une grille de soupirail de la rue de la Vieille Lanterne dans un des endroits les plus sinistres de Paris. Gérard Cogez propose en effet un travail particulièrement soigneux, très documenté et basé sur une étude pointilleuse autant des textes autobiographiques de l’auteur que de ses correspondances privées. L’ennui, c’est que Nerval rêvait sa vie, la mythifiait, la romançait à un point tel qu’il semble souvent improbable voire impossible de faire la part entre la réalité et la fiction. De plus, de nombreux documents manquent. Ainsi de grands pans de sa vie échappent au biographe : une partie de son adolescence, certains séjours et jusqu’aux endroits où Nerval habitait réellement au point où le lecteur arrive à se demander s’il ne couchait pas souvent dehors, tel un clochard, quand il ne trouvait pas de bonne âme pour l’héberger…

Le point fort de cet ouvrage se trouvera dans l’étude des très nombreux voyages du poète qui séjourna longuement en Allemagne, Italie, Egypte, Turquie, Liban et autres lieux. Sa carrière littéraire chaotique et difficile est particulièrement bien étudiée. Nerval fit d’innombrables tentatives pour percer comme auteur dramatique (seul ou en coopération, avec Dumas par exemple) et accumula les échecs. Par contre, si ses nombreuses crises de démence sont bien présentées, les causes de sa maladie mentale ne sont pas complètement élucidées. Cogez incrimine une certaine forme d’alcoolisme en ne citant pas les ravages causés au cerveau par la prise régulière d’absinthe. Pas un mot non plus sur les possibles dégâts occasionnés par l’opium. Nerval fréquentant des cercles qui en usaient a sans doute dû en tâter lui-même. Mais là encore, on reste dans le flou artistique, sans doute faute de preuves tangibles. Quant à ses rapports avec les femmes ou plutôt « l’éternel féminin », ils semblent le point faible de cet ouvrage. Pas le moindre éclairage sur cet autre mystère alors que le livre éponyme de J.P. Bourre en traite de manière beaucoup plus précise quoiqu’également sibylline. Au total, une excellente biographie enrichie d’un bien utile index de repères chronologiques ainsi que de nombreuses notes et références bibliographiques.

3,5/5

Gérard de Nerval (Gérard Cogez)

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