Critiques de livres pour la catégorie:
Textes remarquables

Le Laboratoire central Max Jacob

5 mars 2010 par bruno chauvierre

 

 

« Que la table est grande ! c’est le Jour des Morts

La salle est brillante, le jour n’est pas blanc

Une étoile est sur votre frère aîné. » (p.160)

 

Max Jacob nous a quittés le 5 mars 1944, victime de la barbarie nazie.

 

Oeuvre délicate pour ceux qui :

 

-          détestent les clichés.

-          aiment la poésie « située », avec de la marge et une atmosphère spéciale.

-         cherchent la variété de rythme et de rime.

-         Vivent dans un univers d’émotion.

-         Apprécient Tristan Corbière et Rémy de Gourmont.

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L’attrape-coeurs J.D. Salinger

25 février 2010 par bruno chauvierre

attrape_coeurs.jpg« Les filles c’est comme ça, même si elles sont plutôt moches, même si elles sont plutôt connes, chaque fois qu’elles font quelque chose de chouette on tombe à moitié amoureux d’elles et alors on sait plus où on en est. Les filles bordel. Elles peuvent vous rendre dingue. Comme rien. Vraiment. » (p.92) 

Ce livre marche toujours.

 Pour Salinger, c’est toujours le moment.

Pour les traducteurs aussi  (comme Claire Devarrieux le relève dans Libération du jeudi 25 février.)

Dernière traductrice, Annie Saumont, dote certaines filles de « très gros nichons ».

 En 1953, Sébastien Japrisot se contentait « de très gros arguments ». 

Avec ce supplément de nibards, les ados d’aujourd’hui vont-ils s’arrimer à Holden Caufield, comme j’y parvins dans les années 60 ? Est-ce encore le bon moment ? Les ados d’aujourd’hui peuvent-ils s’identifier à un gars qui comprend pas le « sexe » ? Lire la suite »

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Avec Tolstoï Dominique Fernandez

5 février 2010 par bruno chauvierre

« Le prince Volkonski son grand-père maternel, faisait jouer chaque matin sous les arbres par un orchestre composé de ses serfs quelque morceau de ces musiques, que nous appelons aujourd’hui baroques mais qui étaient alors les seules connues. »(p.119)

Découverte familière de Tolstoï  dans la maison familiale où il écrivit Guerre et Paix, puis Anna Karénine, lectures de jeunesse, la mienne. Grand salon où Tolstoï se mettait au piano et jouait  « à quatre mains avec ses filles .» La pièce principale sert de salle de jeux et de salle à manger. Pas de luxe, mais c’est encore trop riche pour Tolstoï !

Découverte d’un homme proche de la nature. Avant notre écologie moderne, il montre à ses contemporains comment le monde animal et végétal reste immuable. (p.137) Il n’a qu’une seule religion, celle de l’herbe et des prairies, même si aujourd’hui, Yann Moïx  dans le Figaro le présente comme le Christ ! Lire Tolstoï : « Je pense qu’une fois mort, l’herbe pousse et c’est tout » (p.136) Il a le culte des plantes des bois et des animaux. Découverte d’un parallèle avec le style de Stendhal : le mot juste et précis. Jamais de grands mots. Le génie de Tolstoï a marqué plusieurs générations. Proust l’admirait tant qu’il se confondait avec  lui, croyait parler de Tolstoï alors qu’il parlait de lui-même !

Découverte de la complexité d’un homme clair  aux multiples facettes «  dans le chagrin comme dans la joie, dans l’étourderie comme dans le repentir » il a évolué toute sa vie. Jeune il acceptait les conventions de sa classe. A l’äge mûr, il fut à la fois en pleine lutte  contre lui-même et contre son milieu.

Découverte d’une  étonnante sexualité : Tolstoï prêche contre le sexe, pour diverses raisons, entre autres parceque ça mord sur son temps de travail., ce qui ne l’empêchait pas de se jeter sur sa femme comme un “Parisien”, comme un bouc” (p.107) son Journal est plein de révélations sur son attirance pour les hommes et en même temps un dégoût servant de” protection” contre l’attirance. le grand poète russe Athanase Feth, le décrivait comme “un pur-sang en rupture de licol ” ( p.135)

 Découverte de belles pages sur la souffrance humaine. Tolstoï, quasi  reporter de la défense de Sébastopol en 1855, écrivit des pages magnifiques sur la misère des salles d’hôpital, ” Il faudra attendre la Grande Guerre de 14-18, les Céline, les Duhamel, les Barbusse, pour retrouver un tel courage et une telle éloquence“(p.101)

Tolstoï  ne voit  pas la guerre dans l’éclat des fanfares et des uniformes de parade. il la voit dans la souffrance et en perçoit sa dimension universelle. C’est là sa grande différence avec les va-t-en guerre de France et d’ailleurs. 

Découverte d’une mise en cause de la pensée unique. Selon Fernandez, Tolstoï est  calme, mais subversif. Définition : « est subversif tout ce qui est incontestable » (p.144).

Pensée unique exprimée par  Daudet  tutoyant  Tolstoï : «  comment alliais-tu la perspicacité la plus aigüe quant aux hommes, et le plus noir aveuglement quant-aux idées ? » (p.328)

 Si Tolstoï et Léon Daudet sont subversifs, les idées de Tolstoï sont incontestables, car universelles. Pas celles de Léon Daudet. L’Académie Française doit revoir ses définitions et relire  l’Entre-Deux-Guerres, «  Méfions-nous du millionnaire et aristocrate en sabots, qui retape sa blouse et son pantalon lui-même. » (p.183 de ma vieille édition de La Nouvelle Librairie Nationale) . la méfiance n’est pas un beau sentiment.

 Des intellectuels comme Rémy de Gourmont   furent convaincus par Tolstoï de ne plus jamais voir la guerre, que la patrie était un  joujou etc., etc. Rémy de Gourmont regretta amèrement de s’être laissé avoir par ce courant, lorsque la France fut envahie. C’est ce que craignait Daudet, et la pensée unique de la droite d’ avant 1914. On ne tombera pas pour autant dans le piège selon lequel la défaite est due aux intellectuels. Il suffit de relire l’Histoire et pas seulement Tolstoï pour La Guerre et La Paix.

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John Fante, Demande à la poussière.

1 février 2010 par M.K

Histoire d’un immigré italien exilé à Los Angeles, écrivain de la misère et amoureux fou d’une mexicaine reniant ses propres origines, John Fante dépeint ici le portrait d’une Amérique aride sans complaisance.

Logé dans une chambre d’hôtel sordide qui sent l’alcool et les oranges, Arturo Bandini débarque à Los Angeles avec dans sa valise un roman au titre ridicule Le petit chien qui riait et qui fait sa fierté.

John Fante est Arturo Bandini et le contraire est encore plus vrai.

Impulsif, avec un goût prononcé pour la provocation, le protagoniste n’a que deux ambitions dans sa vie: les femmes et la Littérature dont la première trouvera satisfaction, ou presque, en la personne de Camilla.

Demande à la poussière c’est avant tout l’histoire d’une errance, d’un amour enragé à sens-unique, et de personnages qui sentent la mer et la sueur !

Récit d’une vie à cent à l’heure, écrit avec les tripes et beaucoup d’ironie, ce roman, dont la poésie ne fait aucun doute, exalte la suavité et la moiteur des lieux et personnages, torturés mais avant tout passionnés !

Encensé par Bukowski, qui reconnaît en Fante un nouveau génie de la Littérature américaine, Demande à la poussière a été adapté au cinéma avec pour acteurs principaux Colin Farrell et Selma Ayek. Il décevra toute personne ayant apprécié le bouquin, même si Colin Farrell s’en sort pas trop mal…

Un roman qui vaut largement le coup d’œil, ne serait-ce que pour la fin qui est, à mon sens, l’une des plus belles jamais écrites !

Extrait:

Mon conseil à tous les écrivains qui débutent est très simple. Je leur recommanderais de ne jamais éviter une expérience nouvelle. Je les exhorterais à vivre la vie dans toute sa crudité, la prendre bravement à bras-le-corps, l’attaquer à poings nus.

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Discours Parfait Philippe Sollers: un Céline magique ?

28 janvier 2010 par bruno chauvierre

Comme Céline,

                           Philipe Sollers, ex-maoïste est à son aise dans le pire.

 L’un avec « Je suis partout », l’autre avec « La Cause du Peuple ».

 A vrai dire, la Cause du Peuple, que j’ai vendue, moi aussi, sur les marchés, est moins pire que l’autre.

Mais enfin, quand même, tout ça est foutrement dérangeant pour ceux qui préfèrent donner le Prix Nobel à  Le Clézio, plutôt qu’à Sollers.

Bon Dieu !… mais Sade est toujours vivant, me suis-je exclamé, du côté de la page 130 du pavé de Sollers !… j’ai eu l’impression de côtoyer le divin marquis, tellement Sollers le fait magiquement surgir, dans une infinie délicatesse.

Oui magie de Sollers et du divin marquis : «  on s’embarque pour le souper dans des galères charmantes qui mènent chez une fée dont le palais est resplendissant et le souper servi par des sylphes qui descendent des airs. » Magie transmise à Simon Libérati et à son Hyper Justine. Morbid chic en prime. Lire la suite »

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Carnets Albert Camus

9 janvier 2010 par bruno chauvierre

carnets_camus.jpg
Parmi les belles formules des Carnets : « Oui, j’ai une Patrie, c’est la langue française »
Camus ne s’empétrouille pas dans des stratégies idéologiques dissimuliformes et sournoisoïdes, comme celles qui polluent le débat actuel sur l’identité nationale.
Carnets, belle mosaïque de style d’un artiste qui se modèle au long de sa vie.
Carnets, des « coulisses » selon Roger Quillot. Témoignages de la genèse d’une œuvre, avec des projets abandonnés en cours de route et des rêveries mûrissant les œuvres à venir. La maladie lui a enseigné la valeur du temps ; « Il n’y a pas une minute à perdre, ce qui est peut-être le contraire de se dépêcher » Cette dernière formule évoque le style de Max Jacob, l’un de ses premiers lecteurs. Il faudra bien un jour exploiter la correspondance, jusqu’à maintenant inédite entre Max Jacob et Camus, « un jeune homme d’avenir » disait-il dans une lettre de 1932 à Jean Grenier. Beaucoup ont emprunté à Max Jacob. Camus aussi. Lire la suite »

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L’étranger Albert Camus

4 janvier 2010 par bruno chauvierre

camus_etranger.jpgRoman  court (184 pages chez folio), ça rassure les paresseux. Livre préféré des Français. Pas besoin de noircir des milliers de pages comme Proust !

Mauvais coup porté aux fachos, il s’intitule L’Etranger !

C’est l’histoire de Meursault, un loser qui se fout de tout… en apparence. Pas de pleurs à la mort de sa mère. Indifférence encore lorsqu’il tue un arabe sur la plage. On le condamne à mort, il s’en fout encore. Youpi !

Ceux qui en ont marre de tout et qui ne savent plus quand leur grand-père est mort, vont s’y retrouver et respirer à plein nez l’inutilité de tout.  Rien ne rime à rien. «  Et si c’était ça le bonheur inévitable ? »  En tout cas, c’est plein de défis, de négation de l’affect, d’insensibilité apparente, de sensualité et d’absurde.

Défi aux narratologues.

 Meursault parle à la première personne, tout en percevant objectivement  ce qu’il fait. Dès la première phrase du roman, il dit : « Aujourd’hui, maman est morte. ». Il est présent, tout en se plaçant en dehors des affects inhérents au deuil.

Plein le dos des affects :

 « le concierge est entré derrière mon dos (page 14), « il est resté debout derrière moi. Cette présence dans mon dos me gênait » » (toujours le concierge) Tout ce monde qui de presse à la mort de sa mère. Absurde. Il préfère tourner le dos. Mais ça n’interdit pas les images fortes : description des larmes et de la sueur sur le visage de Pérez, à l’aide de cette figure de style dénommée zeugme (plans sémantiques différents) : « Elles s’étalaient, se rejoignaient et formaient un vernis d’eau sur ce visage détruit. » Lire la suite »

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De Niro’s game de Rawi Hage

21 décembre 2008 par sln

de-niros-game.jpgProbablement le meilleur roman que j’ai lu au cours de cette rentrée. Bassam et Georges (De Niro), deux amis d’enfance, partagent le même genre de vies, celui de deux voyous sous les bombes à Beyrouth, une vie de chevaliers modernes à dos de motos ronflantes… Les armes font partie d’eux et le chemin vers le banditisme s’ouvre à qui veut le prendre.  En attendant, la vie trépide au même rythme que les rêves. Il vaut d’ailleurs mieux la voir comme ça la vie : comme un rêve où ils sont les héros. Mais bientôt, alors que Georges s’engage dans une milice chrétienne, Bassam ne pense plus qu’à quitter Beyrouth car si cette ville arrache les vies, elle vole aussi les âmes, poussant aux haines fratricides et interdisant l’avenir sans corruption.

Le récit est haletant, les phrases charrient du proche au lointain comme la mer : mythes, sirènes, tampons usagés, ces phrases qui relient Beyrouth et l’Europe, les bombes, le trafic d’armes  et les diplomates en cravates de soie.

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Citoyen sans Frontières de Stéphane Hessel

17 octobre 2008 par monica

hessel.gifOn respire en écoutant ce grand homme, témoin d’un siècle d’histoire, qui a participé en 1948 à l’ONU à la rédaction de la  Déclaration des Droits de l’Homme. Lui qui a connu les camps de concentration, il voit la vie comme un « beau rêve » ! Il affirme tranquillement qu’il est possible de tirer bénéfice de tout épreuve, même la plus extrême.
Ancien résistant, c’est le combat de toute sa vie, de résister à tout ce qui n’est pas bon pour l’homme, avec patience et énergie . Lire la suite »

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Traité d’athéologie

25 avril 2008 par AivZ

atheologie.jpg‘Les trois monothéismes, animés par une même pulsion de mort généalogique, partagent une série de mépris identiques : haine de la raison et de l’intelligence ; haine de la liberté ; haine de tous les livres au nom d’un seul ; haine de la vie ; haine de la sexualité, des femmes et du plaisir ; haine du féminin ; haine des corps, des désirs, des pulsions.

En lieu et place et de tout cela, judaïsme, christianisme et islam défendent : la foi et la croyance, l’obéissance et la soumission, le goût de la mort et la passion de l’au-delà, l’ange asexué et la chasteté, la virginité et la fidélité monogamique, l’épouse et la mère, l’âme e l’esprit.

Autant dire la vie crucifiée et le néant célébré…’

Texte extrait de Traité d’athéologie : Physique de la métaphysique de Michel Onfray

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Le passeur de lumière de Bernard Tirtiaux

15 avril 2008 par sylfaen14

tirtiaux.jpg

La mort du vieux maître-verrier

Khalim Rhamir a été retrouvé sans connaissance dans le jardin.

Lorsque Nivard pénètre dans la maison, il y règne un silence oppressant. Un à un les enfants s’approchent sans bruit de leur père pour l’embrasser. Nivard se rend auprès de la couche où repose le vieil homme. Celui-ci lentement se réveille et, d’une voix docile, dit à son entourage :

- Je crois qu’on m’appelle ailleurs.

Puis il tourne ses yeux vers Nivard et lui demande :

- Conduis-moi là-haut dans notre palais. Lire la suite »

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Liberté la nuit

9 avril 2008 par anselme

Personne ne sait ce qu’il se passe aujourd’hui parce que personne ne veut qu’il se passe quelque chose.
En réalité on ne sait jamais ce qui se passe on sait simplement ce qu’on veut qu’il se passe. C’est comme ça que les choses arrivent.
En 17, Lénine et ses camarades ne disaient pas nous allons faire la révolution parce que nous voulons la révolution. Ils disaient toutes les conditions de la révolution sont réunies la révolution est inéluctable. Ils ont fait la révolution qui n’aurait jamais eu lieu s’ils ne l’avaient pas faite et qu’ils n’auraient pas faite s’ils n’avaient pas pensé qu’elle était inéluctable uniquement parce qu’ils la voulaient.

Chaque fois que quelque chose a bougé dans ce monde ça a toujours été pour le pire.

Voila pourquoi personne ne bouge, personne n’ose provoquer l’avenir.
Faudrait être fou pour provoquer l’avenir.
Faudrait être fou pour risquer de provoquer un nouveau 19, un nouveau 14, un nouveau 37…
- “Alors il ne se passera jamais plus rien.”
Si parce qu’il y aura toujours des fous, et des cons pour les suivre et des sages pour ne rien faire…

Extrait de “Liberté la nuit” de Philippe Garrel

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Extrait de Risibles amours

8 avril 2008 par anselme

kundera.jpg« Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu’il est un poisson et que nous sommes tous des poissons.
Vas-tu te disputer avec lui ?
Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n’as pas de nageoires ?
Vas-tu lui dire en face ce que tu penses ?” …
“Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es toi-même fou. C’est exactement la même chose avec le monde qui nous entoure. Si tu t’obstinais à lui dire la vérité en face, ça voudrait dire que tu le prends au sérieux.
Et prendre au sérieux quelque chose d’aussi peu sérieux, c’est perdre soi-même tout son sérieux.
Moi, je dois mentir pour ne pas prendre au sérieux des fous et ne pas devenir moi-même fou. »

Texte extrait de “Risibles amours” de Milan Kundera

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Trois chevaux

8 avril 2008 par Peony

trois_chevaux.jpgAinsi toute la journée , je suis dans un jardin où je m’ occupe d’arbres et de fleurs, où je reste silencieux de bien des façons, pris par quelque pensée de passage, une chanson, la pause d’un nuage qui enlève au dos soleil et poids.

Je m’en vais dans le champ avec un jeune pommier à planter.

Je le pose par terre, je le tourne, je regarde ses branches à peine ébauchées prendre leur place dans l’espace qui les entoure.

Un arbre a besoin de deux choses : de substance sous terre et de beauté extérieure. Ce sont des créatures concrètes mais poussées par une forme d’élégance. La beauté qui leur est nécessaire, c’est du vent, de la lumière, des grillons, des fourmis et une visée d’étoiles vers lesquelles pointer la formule des branches.

Le moteur qui pousse la lymphe vers le haut dans les arbres, c’est la beauté, car seule la beauté dans la nature s’oppose à la gravité. Lire la suite »

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Le roman de Tristan et Iseut

8 avril 2008 par Muscade

tristan_et_iseut.JPGIls espéraient encore, car l’espérance au coeur des hommes vit de chétive pâture.

Texte remarquable tiré de : Le roman de Tristan et Iseut
renouvelé par Joseph Bédier - L’Edition d’art
H. Piazza Paris - 173e édition 1922.

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