SPOUTNIK le post-post-objet comme néo-post-objet, par Aav

18 janvier 2011 par

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Art, spectacle, musique Essais

SPOUTNIK le post-post-objet comme néo-post-objet

Titre de l’ouvrage : SPOUTNIK le post-post-objet comme néo-post-objet

Identifiant ISBN : 978-2-912939-02-9

Auteur(s) : Aav

Format : 14,5 x 20

Nombre de pages : 74

Les œuvres non-objet ou post-objet de la néo-avant-garde sont connues pour avoir finalement été traitées  comme des objets ou comme des marchandises comme on disait alors. Aav voit la part de réussite dans l’échec du non-objet à résister à son intégration institutionnelle, alors qu’il examine les implications critiques de ces oeuvres dans le contexte de l’art. Non seulement ces œuvres ont transformé le contexte muséal et le « monde de l’art », elles ont aussi transformé les pratiques curatoriales en une casuistique fondée dans une relation esthétique à chaque œuvre.

En étendant l’idée de l’avant-garde d’un spectateur actif et productif il ouvre le champ d’interactivité de l’oeuvre à des pratiques engagées dans la monstration, la restauration, la conservation, la documentation, la publicité, etc., et, ce faisant, il ouvre le site et l’espace public de l’œuvre au-delà de la frontière entre le cube blanc et les coulisses de l’usine-musée, et entre le spectateur et l’acteur.

Tandis qu’Aav développe le concept d’un « cadre de maintenance » et d’un SpectActeur il définit « l’art d’objet » à l’extérieur d’un objet qui a l’apparence d’un individu-zéro-autoréférentiel (solipsiste, atomique et vide). Le spoutnik de Malévitch piloté par Ad Reinhardt et atterri dans « l’espace réel » par le premier Frank Stella qui le tourna en non-art, fait maintenant un « retour ». Mais le paradoxe est que cet objet devient une condition pour une ouverture contextualiste. Il fonctionne dit-il comme « une sorte de machine dont toutes les parties sont à l’extérieur ». À une esthétique de l’objet s’ajoute une esthétique de son champ d’extériorité transindividuel et collectif, selon les termes de l’artiste. Un champ qui ne peut pas être confondu avec les notions prévalantes de contexte dans la théorie de l’art. La prise en compte d’une discontinuité radicale entre le dedans et le dehors d’un objet (une limite incernable) devient un moyen de dissoudre la frontière qui sépare l’art de son contexte (institutionnel) par l’observation empirique de leurs corrélations. Il devient alors possible de transférer ce paradigme à d’autre œuvres tout en posant la même question : quels rapports établissez-vous à une chose corrélativement à son mode d’être ?

Après leur long et fructueux divorce, l’objet (limité, achevé) et le non-objet (illimité, inachevé) ne sont plus exclusifs l’un de l’autre mais sont devenus deux moments d’un même processus. L’art d’objet n’est pas positionné en opposition à l’art non-objet. Ceci peut être vu comme la poursuite des avant-gardes modernistes et postmodernistes du spectateur dynamique, de la non-limitation, du non-art, de la valeur esthétique d’usage, ainsi de suite. La trahison est le prix de la loyauté. C’est la poursuite d’une tradition pragmatique et matérialiste devenue systémique et constructiviste, en art comme le lieu de l’illusion et de l’artifice.

Comme pour tout écrit d’artiste sur son travail, l’écrit est ce dont vous pouvez vous dispenser une fois que vous comprenez le fonctionnement de l’œuvre. La théorie est alors dans ce que fait l’oeuvre et non pas dans ce qui est dit d’elle. Mais ce texte est aussi une occasion de revisiter un nombre de théories qui sont sous-jacentes aux pratiques actuelles de l’art. La reconfiguration objet / contexte s’accompagne d’une cascade de glissements qui s’opèrent dans des concepts-clé de la théorie artistique en même temps qu’ils sont réveillés dans leurs significations initiales.

Les textes en anglais et en français ont été écrit simultanément, moins comme une traduction d’une langue à l’autre qu’une extension l’une de l’autre quand les mots ne peuvent pas vraiment être traduits.

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