réflexion poétique sur l’oeuvre gravé de Braque

7 décembre 2010 par

Je n‘ai pas aimé...Plutôt déçu...Intéressant...Très bon livre !A lire absolument ! (53 votes, moyenne: 1,91 / 5)
Loading...
Art, spectacle, musique Essais Poésie Questions ouvertes, réflexions

Georges Braque – oeuvre gravé
fondation Maeght – éditeur -1994

“dans la neige

les crocus refleuriront

au dôme de Miage”….

ce n’était qu’une hallucination poétique, un jour d’hiver  sur les bords d’un étang de Camargue, la neige opalescente des montagnes se confondant à la surface irisée , les flamands roses au lointain , étaient devenus  des crocus fragiles

hier
j’étais là et lasse
sur ce même étang des Impériaux,

mais dans l’entre-deux
à la limite de l’étang et du ciel:

le Ventoux fantomatique esquisse au sein blanc présence d’une inquiétante familiarité, hallucinatoire…

sur mes genoux, l’oeuvre gravé de Braque
et mes yeux médusés allaient des impériaux
pour replonger du Livre à l’étang
fascinés par ces oiseaux de la maturité d’une vie,
qui prenaient la suite des gravures de la théogonie
entrelac de corps , que la main de  Braque
touche , comme il peut, et nous fait toucher,
saisir  cette main…

main vivante détachée qui surgit sur la scène, comme la parole détachée ….,surgissante elle aussi : “je ne fais pas ce que je veux, je fais ce que je peux”…  je réalisais alors que sa parole était tout sauf un aphorisme, mais elle nous guidait vers le processus créatif dans toute sa pureté où toute cognition est exclue, seul le miracle de la main et des cinq doigts  font la trame, entre l’étang, l’oiseau, et les volutes qui se gravent sur la toile: l’aphorisme est là dans le pictural, dans le visuel, c’est la gravure qui porte la marque de l’universel, d’une vérité,… la parole ,elle est humble, elle dit la limite humaine , la limite imposée par notre corpéréité, par notre soma inéluctablement lié à une théogonie à laquelle toute création est assujettie,  non à une toute puissance: “je fais ce que je peux”

Peut-être est-ce le message de ces gravures reprenant l’oeuvre poétique d’Hésiode, mais cette fantaisie interprétative, doit  être entendue comme une parole humaine, qui n’est que ce qu’elle peut-être, un moment d’égarement sur les bords de l’étant.

P.S pour les lecteurs qui pourraient écarquiller  les yeux devant l’accord grammatical: oeuvre » gravé », il s’agit du titre publié par la fondation Maeght, il ne s’agit pas d’un nominatif et de son qualificatif.  cet additif vaut pour l’autre texte : contrepoint …

Creative Commons License
“je fais ce que je peux”… by Yveline Ciazynski est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.

Laisser un commentaire