contrepoint à propos de l’oeuvre gravé de Braque

Critique de le 7 décembre 2010

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Art, spectacle, musique Essais Poésie Questions ouvertes, réflexions

G BRAQUE
oeuvre gravé
Maeght éditeur-1994

Avant-propos: je voudrais préciser au lecteur, que ceci n’est pas une critique, mais une rencontre avec un livre, elle ne retrace pas le livre, mais elle est écriture d’une trace de réflexion à partir d’un livre d’art d’exception, dans lequel des textes de René char, Francis Ponge, Jacques Prévert, Pierre Reverdy Dora Vallier s’entrecroisent.
Cette lecture était devenue impérieuse pour moi, à la suite d’une scénographie et création lumière sur les aphorismes de Braque, dans lequel intervenait le philosophe Christophe Schaeffer…
Ma divagation, n’est donc en rien représentative du livre, elle ouvre simplement la voie, à des questions à partir de l’énigme de ces aphorismes: comment les entendre, comment les mettre en lumière,
comment nous sommes dans la tentation de mettre du sens sur ce mouvement où le pictural se mêle à la trace écrite .
Une oeuvre d’art ne peut faire l’objet d’une critique , on ne peut qu’observer ce qu’elle produit sur notre corps ressenti, ce qu’elle génère d’errance de la pensée, là où nous devrions la regarder avec le regard naïf de l’enfant. Mes deux textes, contrepoint, et variations poétiques, ne sont que l’empreinte induite laissée par une telle oeuvre, alors je vous en prie procurez vous le livre de la fondation Maeght, qui seul est digne d’attention, et non mes élucubrations.

Je suis toujours là, près de l’étang, lieu hanté par la chose rappelant un autre lieu Nietschéien..le lac de sils…espace vécu où la « réflection » de l’être, produit l’indispensable traversée de soi vers l’autre…la métamorphose qui n’est pas changement mais ouverture …
le vent souffle sur l’étang, sur la glaise, et nous retournons à ces éléments physiques : l’eau, la glaise, sur lesquels Hésiode se pencha , et dont il en émergea cette notion de Soma de la turbulence de la théogonie …

C’est étrange, ce retour de Braque, sur l’essence même de la chose, après les années de terreur existentielle de 14-18.

Ici, je m’arrête, car déjà je vois, vos regards, non, il ne sera jamais question d’expliquer l’art, d’expliquer l’oeuvre à grand renfort d’interprétation nauséeuse.

Ce qui m’intéresse, dans l’oeuvre c’est ce que le pinceau touche à l’ aphorisme universel : là où il ne peut entrer aucun esprit “géométrique”, aucune explication.

La question aujourd’hui est de réintroduire une dimension au processus créatif, celle de la présence de l’autre: le “il y a”…l’être -là- l’étang (la chose devant moi) et ma pensée n’existe qu’en l’incluant. Cette chose devant moi, cet autre qui la contient -condition de tout processus d’apprentissage, c’est en translaborant cette présence, dans un mouvement incessant de sa proximité et de son éloignement qu’émergent les fondamentaux appris (pris) dans ce regard de l’étang, où insiste le signifiant: la métaphore des oiseaux: les Impériaux….résonance inconsciente du latin “translabor”: franchir d’un glissement d’aile

Après des années de recherche sur le cubisme avec son ami Picasso, dans un jeu confusionnel où la signature fut supprimée dans un idéal d’identification ( l’un se perd dans l’autre), Braque sous l’impulsion amicale de Vollard, revient aux sources des Présocratiques: la théogonie d’Hésiode, il étudiera ensuite comment à partir d’une cellule primitive: un motif, celui-ci va se transformer en une multitude singulière en modifiant simplement la couleur environnementale et le contenant, c’est à dire une recherche créative, qui construit le poème symphonique pictural à partir de variations sur un thème.

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l’intrication intime de la chose et du travail de translaboration du mouvement pulsionnel, qui déconstruit , s’éloigne, se rapproche, s’éloigne à nouveau, pour enfin “se réfléchir” à partir de l’autre comme présence en moi.

“Je ne fais pas ce que je veux, je fais ce que je peux” , mots si simples , si universels, qui disent l’essence même de la translaboration, à l’oeuvre…. mouvement poétique qui suit le mouvement de l’étang soulevant (sous-le-vent), les grèbes huppés et les foulkes noirs au bec blanc “translaborant” , au dessus des vagues . ..Comme le battement de mes doigts qui tentent de les imiter dans les vagues démesurées où sursautent les appoggiatures des battements d’ailes dans le mouvement lent du concerto italien… retrouver dans le vécu corporel du rythme le flottement archaïque de la vie,… Regardez les oiseaux de Braque, devant l’étang des Impériaux, à ce moment là, on ne se pose plus la question de définir le processus poétique, on le vit,… alors surgit cette question, sans laquelle nul processus créatif ne peut vivre, celle de le TRANSLABORATION, conscience que nous n’existons pas, nous ne créons pas, sans demande de l’autre…

L’autre , l’Ami , dont la présence est pulsion de vie, ..qu’aurait été Braque, sans la demande amicale , et l’attentif regard de l’autre? Translaborer, c’est peut-être intégrer cette présence dans l’étang, comme pulsion du processus créatif, qui transcende tout apprentissage, l’art est travaillé par ce lien qui “résilie” les séismes et qui donne valeur d’aphorisme à l’oeuvre, au de là de tout commentaire….

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“je fais ce que je peux” (2) by yveline Ciazynski est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.

Détails sur contrepoint à propos de l’oeuvre gravé de Braque

Isbn : 2869410891

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